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Rencontre d'un futur écuyer et d'un sorcier...

 
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Iphigénie
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MessagePosté le: 05/02/2013 14:20    Sujet du message: Rencontre d'un futur écuyer et d'un sorcier... Répondre en citant

    Hum, je crois que j'ai un petit problème... Je regarde en bas. Non! Non! Mauvaise idée. Finalement, je vais regarder en haut. C'est toujours moins pire. Et m'assurer que je sens toujours le mur, derrière moi. Je laisse pas mes mains là trop longtemps non plus, parce que c'est vraiment trop froid. J'aurais bien aimé avoir des gants, mais je suis sûre que papa pensait pas que j'en aurais besoin. Et c'est vrai que, techniquement, j'aurais pas dû en avoir besoin. Parce que j'aurais dû rester sagement dans la chambre, à l'auberge, à attendre qu'il revienne de sa rencontre avec un marchand des environs. Mais non, il fallait que je sorte et que je rencontre des garçons. Et fallait que ce soit des garçons qui rient des filles et qui pensent que les filles, c'est moins bon qu'eux. Pffff! Je suis une fille et de déteste quand on me dit ça. Je sais que je perds toute ma raison, dans ce temps-là. C'est pas parce que je suis une fille que je cours moins vite, que je grimpe moins haut ou que je veux pas me salir. Au contraire! La preuve? J'ai déjà battu tous les garçons près du manoir à la course, à l'escalade ou à la chasse aux grenouilles. J'ai tellement ri quand Jàson a fait le saut parce qu'une grenouille s'était cachée dans son sac. Et après, c'est les filles qui ont peur? Balivernes.

    Bon, donc, après avoir rencontré quelques garçons du village, accompagnés de quelques filles, j'ai voulu m'amuser avec eux, mais comme je viens pas du coin, il fallait que je prouve que je méritais de jouer avec eux. Et comme je ne dis pas non à un défi, je me ramasse ici. Si mon père me voyait – je l’appelle père quand je sais qu’il ne serait pas d’accord avec mes décisions –, il aurait regretté de ne pas avoir amené ma gouvernante qui doit avoir tout autant à faire à Perle avec mes trois petits frères. Enfin, puisque mon père est en réunion avec je-ne-sais-quel marchant des environs, je n’ai pas à m’inquiéter de sa réaction pour le moment. Et si je meurs – ce qui devient une possibilité en ce moment, mais qui n'en était pas une plus tôt parce qu'ils m'avaient dit qu'ils avaient tous faits ça des centaines de fois sans qu'il arrive jamais rien – bah, mon père sera trop occupé à me pleurer ou à se blâmer pour ma perte qu’il ne pensera pas à être fâché après moi… C'est presque une chance. Pas que je souhaite mourir. Sinon, je ne ferais pas tout pour rester en vie. Grimper la falaise jusqu'en haut... Une falaise de glace... Je ne sais vraiment pas pourquoi j'ai pas réfléchi avant de dire oui.

    J'ai commencé par grimper dans un arbre, très haut, pour arriver à la hauteur d'une corniche dans la falaise. Après, j'ai réussi à monter de quelques mètres pour me retrouver là où je suis maintenant, coincée au milieu. Et les petits gars, qu'est-ce qu'ils ont fait? Après avoir crié que je serais jamais capable de le faire, ils se sont contentés de rire et de me crier encore quelques quolibets avant de partir comme si de rien n'était. Une chance que j'ai pas peur. Enfin, pas vraiment peur. Maintenant, j'ai deux choix. Soit je continue d'essayer de grimper et je meurs si je tombe; soit j'essaie de redescendre et je meurs si je tombe. La vie n'est pas joyeuse, ces temps-ci. Je relève la tête, plus haut. Je peux voir la fin de la falaise, qui est trop haute à mon goût, et le ciel, bleu. « Youhou? Y'a quelqu'un? S'il vous plaît? » Papa m'a toujours dit que les gens, ils étaient plus gentils si on demandait avec un s'il vous plaît. J'espère juste pouvoir redescendre avant que papa revienne à l'auberge et qu'il découvre ce que j'ai fait...

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MessagePosté le: 05/02/2013 14:20    Sujet du message: Publicité

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Zelane
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MessagePosté le: 05/02/2013 15:36    Sujet du message: Rencontre d'un futur écuyer et d'un sorcier... Répondre en citant

Le jeune sorcier avait le souffle court. La sueur perlait sur son front plus rapidement qu’il lui en fallait pour l’essuyer avec son mouchoir. C’était la première fois qu’il désobéissait à Alysandre et connaissant ses terribles ambitions, il préférait ne jamais lui avouer qu’il n’avait pas simplement figé et laisser partir l’apprentie de Callisto comme si de rien n’était. Bien sûr, tout de suite après cet événement qui aurait pu lui coûter la vie, il disparue à des lieux de celle qui lui avait appris beaucoup plus qu’il en savait déjà sur son influence sur les champs magnétiques. Zelane savait qu’il avait fait le bon choix : il n’était pas l’un des leurs, il n’était pas un des laquais de l’Immortelle. Jamais il se n’était prêté aux desseins ténébreux de l’Empire de Sibélial, même s’il paierait de sa vie pour sauver celle de sa marraine. Son alignement n’était que le résultat d’une naissance au mauvais endroit, rien de plus. Il savait qu’il n’aurait probablement pas été capable d’entrer dans le cadre de noblesse où se trouvait l’Ordre des chevaliers d’Emeraude mais, il était désireux d’aider les gens, pas de leur nuire par simple désir inassouvi de pouvoir, soif des plus tristes humains. Personne n’était à l’abri, pas même les êtres divins qui venaient s’installer sur le continent... Bientôt, il ne pourrait plus suivre les enseignements de la femme du Désert, bien que toute son aide fût plus qu’utile à son développement magique. Et évidemment, même si cette dame souhaitait la mort de trop de personnes pour mériter la vie, elle était à même titre que lui, une âme flânant tantôt trop prêt du paradis, tantôt trop prêt des enfers. Il ne pouvait donc lui en vouloir. La sagesse de l’enfant n’ayant jamais vieilli lui causerait sans doute plus de problèmes qu’il n’en souhaitait.

Afin d’éviter le courroux de la divine guerrière, le sorcier d’Esprit décida de ne pas lui demander de le ramener à son royaume. Il opta pour la route des rôdeurs, celle qu’il préférait. Des années d’alpinisme pour en arriver là. Au moins, il ne s’agissait pas là d’un grand défi puisqu’il connaissait bien les routes montagneuses. La capuche bien en place, il traversa un dernier village avant de se rendre au pied du mont qu’il s’apprêtait à affronter. Alfador n’approuvait guère les habitudes de son maître, étant chat n’appréciant guère l’escalade de si grande inclinaison. Il se terra alors au creux de la sacoche du jeune homme à la chevelure bleutée pendant que celui-ci commençait son ascension. Il était très peu équiper pour ce genre de mission, que deux pieux qu’il avait modelé à partir d’épées obtenues à la forge locale ainsi qu’une solide corde qu’il trainait avec lui la plupart du temps. Il ne commencerait à les utiliser qu’une fois hors de portée des regards suspicieux des Enkievs. Il s’efforça de ne pas trop secouer son partenaire félin qui agissait tel un prince et pas n’importe lequel. Au moins, après plusieurs traversées à dos du dragon de Furie, Zelane avait perdu cette peur plus ou moins envahissante des hauteurs.


Épuisé, le rêveur décida de s’arrêter un instant, question de se nourrir et d’avoir un panorama inspirant. L’air était frais et cette dernière mission qui l’avait mené au désert avait été pénible; depuis ses cinq ans, le sorcier n’avait pas remis pied sur les terres de son père disparu. La chaleur lui était donc peu commune et il avait su tirer un réconfort particulier des vents glaciaux du royaume qu’il servait à présent. C’était peut-être le mal du pays au fond, après tant de périples il méritait bien un peu du réconfort de son pays. Pris dans ses pensées, il ne remarqua pas la troupe de gamins qui se trouvaient plus bas. Il en prit quelques minutes avant qu’il leur porte une certaine attention, dérangé dans sa méditation par les rires moqueurs de quelques garçons qui commençaient déjà à vouloir obtenir une supériorité sur les petites filles. L’occultiste n’avait jamais apprécié ce genre de comportement et de plus, s’il avait agit comme cela à sa première rencontre avec Furie, à ce jour, il serait probablement toujours seul – bien que les deux jeunes gens n’étaient pas encore ensemble et qu’après deux décennies passées à s’aimer de courtoisie il n’y eut aucun aveu-. D’entre ces gamins, il remarqua une chevelure bien flamboyante qui semblait se lancer à l’aventure : elle grimpait à l’arbre et bien qu’elle affichait fière mine, l’hésitation était palpable d’aussi loin qu’il était pour la flairer. Bien sûr, Zelane ne bougea pas tout de suite car il ne désirait pas être repéré à cause des épopées rocambolesques d’une jeune dame qui voulait trop impressionner.

Plus elle se rapprochait et plus elle semblait incertaine : était-elle vraiment en mesure d’exécuter ce qu’elle exécutait? Certainement pas. Toujours aux aguets, le sorcier d’Esprit se leva et retira la ganse de son sac sur son épaule. Comme de fait, un appel à l’aide retentit de la petite bouche de la rouquine. À voir ses «copains» disparaître en ricanant, l’occultiste comprit qu’il était le seul à pouvoir agir. Devant ce dessein inopportun, il décida de répondre à l’appel. Un coup sur la pierre après l’autre, il descendit jusqu’à se rendre à l’endroit où était l’aventurière en apprentissage. Sa capuche le couvrait toujours, pour ne pas être reconnu. «Jeune demoiselle, vous ne devriez pas succomber à ces défis, ils finiront par vous mener là-haut!» dit-il, en pointant le sommet de la plus grande montagne qui les séparait d’Esprit. Maintenant qu’il était arrivé, l’étiquette voulait qu’il se présente, même s’il devait préserver son identité secrète. «Je me nomme Zelane…» Au moins où il allait mentir sur sa profession et lui raconter à quel point son métier d’alpinisme le comblait en dose d’adrénaline, quelques petites pierres vinrent se fracasser près de lui. Se rappelant qu’il avait laissé Alfador seul en haut, il tourna son regard vers le haut, seulement pour s’apercevoir que son brave compagnon avait entamé la descente lui-même. Malgré sa descendance féline, la boule de poils mauve n’avait pas encore les compétences requises pour orchestrer pareil spectacle et rapidement il perdit patte. À l’aide d’une acrobatie plutôt spectaculaire pour le frêle sorcier, il réussit à le reprendre mais ce dernier lui planta une griffe au visage ce qui eut pour effet d’énerver son maître qui sans contrôle se mit à briller de toute son enveloppe corporelle.

Il serait à présent bien difficile de prétendre qu’il ne possédait pas le don de la magie alors il improvisa une nouvelle profession : «Je suis le magicien d’Opale.» Ce mensonge finirait peut-être par lui coûter cher mais, il s’agissait-là de la seule solution qu’il avait trouvé pour s’en sortir temporairement.

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Iphigénie
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MessagePosté le: 06/02/2013 18:04    Sujet du message: Rencontre d'un futur écuyer et d'un sorcier... Répondre en citant

    Mon youhou semble avoir porté fruits. À moins que ce ne soit la falaise qui craque, m’avertissant qu’elle va bientôt s’effondrer. Je lève la tête et aperçois, non loin de moins, un homme qui descend la falaise, agrippé à la glace comme si c’était si facile ou même normal. Il porte une capuche qui le recouvre. Mon papa m’a toujours dit de me méfier de ceux qui se cachent. Ils le font parce qu’ils ont quelque chose à cacher. Ils ne sont pas nécessairement méchant, mais il faudrait tout de même s’en méfier. Sauf que je trouve ça dur parce qu’il est quand même le seul à venir m’aider alors que tous les autres, en bas, ils sont partis. Je reste tout de même sur mon bout de corniche glacé, légèrement en retrait. Et quand il me parle… On dirait ma nounou. Ou un de ces stupides adultes qui veulent nous faire la morale. Mes sourcils se froncent automatique. De quoi il se mêle? Le défi, c’était ça, d’aller là-haut, un défi que je n’ai pas encore relevé. « C’était ça le but, aussi. J’ai juste pas les bons outils pour me rendre. » Ce qui me fait penser que lui, il les a, les outils. Il pourrait peut-être m’y emmener! Je trouverai quelque chose là-haut pour prouver que j’y suis bien allée. Et après, je pourrai toujours redescendre avec son aide. Ça ne doit pas être de la magie qu’il utilise. Ça ne ferait pas autant de bruit, non?

    Et puis, il s’appelle Zelane. Je défronce un peu les sourcils pour lui tendre la main, et la reprendre. Parce qu’il peut pas me serrer la main, visiblement. C’en est un peu gênant. « Moi, c’est Iphigénie. J’viens pas d’ici… » Comme si c’était nécessaire de le dire. Il va pour ajouter quelque chose quand on voit des petites roches tomber. Je relève la tête pour apercevoir une boule de je-sais-pas-quoi qui descend tête la première. Quoi que ce soit, c’est pas très brillant. Il a pas l’air d’avoir des griffes assez longues et assez puissantes pour prendre le risque de descendre la falaise. Il est peut-être suicidaire, qui sait? Au moment où la bête perd pied, Zelane tente une acrobatie dont je n’arriverais même pas à décrire les mouvements pour rattraper le truc qui lui plante une griffe au visage. Wouah! C’est quoi ça? Zelane, il s’est mis à illuminer, tout d’un coup! J’ai dû plisser les yeux, juste pour m’habituer à cette lumière-là. Une lumière blanche. Et soudain, mes yeux s’ouvrent en grand. « Tu serais pas… »

    Heureusement que Zelane m’a coupé la parole, pour me dire qu’il était le magicien d’Opale. Sur le coup, je suis sûre que j’ai rougi pour rivaliser avec la couleur de mes cheveux rouges. J’ose pas penser à ce qu’il aurait pensé de moi, une gamine de dix ans qui lui dit ça… Il aurait ri, c’est sûr, et j’suis pas sûre d’aimer qu’on rit de moi. Déjà que les petits gars du village ont ri de moi. Sur le coup, j’me demande si c’est bien vrai qu’ils ont déjà fait ça des centaines de fois auparavant. Le magicien d’Opale, il doit être au courant de ça, non? Habituellement, les magiciens, ils restent au château avec les rois et les reines et les princesses trop ennuyeuses et les princes idiots. Mais bon, celui-là, il doit pas être comme tout le monde. Et son animal non plus. Il est mauve! Mais qui a un animal mauve? Je sais qu’il y a des elfes, des fées et même des humains qui ont des cheveux de toutes les couleurs, mais les animaux… À part ceux de Fées. Je crois que les animaux de Fées, ils peuvent être de toutes les couleurs, mais j’ai pas écouté toute la conversation alors, c’est peut-être juste mon imagination…

    « Hum, vu que vous êtes magicien et que vous avez l’air d’être capable de grimper sur les falaises, vous pourriez m’amener en haut? Vu que c’était ça le pari… Je sais que c’est pas bien, mais ils m’ont mis au défi. Et ils croient vraiment que les filles, c’est moins bon que les gars, mais c’est tellement pas vrai. Et si je réussis pas, ils vont continuer de croire que les filles, c’est moins bon que les gars. Et ça, je pourrais pas le supporter. Mon papa dit que c’est un péché d’orgueil, je pense. Moi, je crois que c’est juste le bon sens. Si on veut prouver qu’on a raison, faut aller jusqu’au bout. » Ce qui est logique. Enfin, de mon point de vue. Faut juste que le magicien comprenne que c’est important. Ou sinon, je vais réessayer demain. J’en ai encore pour quelques jours à Opale. Et comme papa passe ses journées avec ses clients, j’ai encore du temps de libre pour tenter cette mission ultra-méga-importante. « Ou sinon, si vous pouviez juste me descendre en bas… et me montrer comment vous avez réussi à me rejoindre? » Je lui fais le plus beau sourire que je connais. Je sais pas si ça va marcher. Étrangement, plus on grandit et plus on vieillit, moins les adultes, ils sont sensibles à notre charme. Je le sais parce que, petite, mon papa pouvait rien me refuser. Et maintenant, il dit souvent non…

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MessagePosté le: 07/02/2013 11:49    Sujet du message: Rencontre d'un futur écuyer et d'un sorcier... Répondre en citant

Son stratagème semblait avoir fonctionné. Le sorcier ne glorifiait pas le mensonge mais en cette situation où il ne connaissait guère son interlocutrice et qu’il se trouvait en territoire « hostile », il préférait ne prendre aucun risque. D’autant plus qu’il bavardait à la frontière même du territoire dont il portait l’étendard. Heureusement, Zelane n’était doté d’aucun attribut physiologique distinct à l’Empire ce qui lui permettait tout de même une latitude intéressante. Seul son œil complètement blanc pouvait porter les inconnus au jugement et associer cette différence mystique à une menace pour leur sécurité. Après tout, chaque disparité portait en elle une sentence justifiée par l’appréhension. Le fils de Kreos n’avait guère été épargné par ses pairs du régime de Sibélial car rappelons-nous, ces traits ne proviennent ni du côté sombre du continent, ni du côté clair. L’enfant grandit sans jamais trouver la paix sociale mais, il la trouva à l’intérieur et, après tout, la plus noble des sérénités est celle de l’âme.

« Malheureusement mademoiselle, je ne vous mènerai pas à cet endroit que vous semblez vouloir atteindre; vous n’en seriez pas plus heureuse. » L’occultiste savait pertinemment que cette boutade n’apporterait guère contentement à la jeune Iphigénie. Comme il la comprenait : la majorité des sociétés dictées sous les dogmes patriarcaux ne laissaient point d’espace à l’émancipation de la femme. À l’instant d’entendre de telles paroles, le magicien d’Opale par bifurcation ressentait une certaine fierté à ce que sa marraine soit au sommet de la hiérarchie. « Ne tombez pas dans leurs filets jeune amie : vous avez raison, la femme n’est d’aucune façon inférieure à l’homme et pour le prouver, vous devriez ne pas accepter leurs défis. Vous en tirerez la plus grande des victoires, celle sur l’orgueil. » Il était rare de voir Zelane inculquer quelque leçon mais il sentait en cette bien jeune dame une curiosité propre à l’enfance. Elle n’en comprendrait probablement pas le fond mais le mystère qui planait dans les propos du sorcier d’Esprit serait peut-être suffisant à ce qu’elle veuille en savoir davantage. En sondant rapidement sa nouvelle amie du moment, il remarqua un potentiel occulte fort impressionnant. Dans une telle concentration, il était fort probable que la jeune demoiselle ait déjà été capable de matérialiser cette puissance. « Pardonnez mon indiscrétion mais, n’êtes-vous pas dotée du don magique? Une force intéressante émane de vous. » Si le maladroit qu’il était n’avait pas déjà réussi à effrayer la petite rouquine, voila quelques mots qui auraient probablement raison de cette prémisse.

Zelane ne sut identifier la source de ses questionnements mais, aussi étrange que cela puisse paraître, une sensation de déjà-vu se peignait subtilement dans le portrait actuel. D’où pouvait-il bien la reconnaître? Afin de ne pas sembler encore plus irrégulier envers l’enfant, le sorcier d’Esprit cessa de plisser les yeux avant qu’elle ne devine qu’il cherchait quelconque similitude avec ce qu’il connaissait déjà. Il n’avait toujours pas répondu à sa demande et évidemment, il avait déjà accepté – l’occultiste n’aurait su comment résister à l’éclat de la jeunesse - : « Je serai ravi de vous aider à descendre sur-le-champ, par contre, je ne sais pas trop si je devrais vous apprendre à monter…N’êtes-vous pas sous la responsabilité d’une figure parentale? » Après tout, il n’avait pas à prendre la décision de ses parents et s’ils le trouvaient à exercer pareille pratique, la situation pourrait facilement s’envenimer pour lui. En toute logique, la jeune femme se trouvait déjà en position dangereuse et le noble ne voyait personne à une centaine de mètres à la ronde; de toute façon, il était rare de voir les parents des enfants lorsqu’ils magouillaient ce genre de choses. Après tout, il avait déjà été jeune et la plupart du temps il fuyait les servants inattentifs pour aller rejoindre sa bande au pont de glace. Ne serait-ce pas hypocrite de sa part d’empêcher telle conduite alors qu’il l’avait pratiqué bon nombre de fois? Bien sûr. Dans cette optique, il tendit la main vers la rouquine pour qu’elle la saisisse et ensemble, à l’aide de son influence sur les champs magnétiques, ils descendirent jusqu’au sol, Zelane ayant empoigné ses outils afin de pouvoir flotter dans les airs.

« D’accord, je vous montrerai. Promettez-moi seulement que je ne le regretterai pas, d’accord? » Le sorcier d’Esprit la pria de garder ses distances le tems d’une simple démonstration. Il fit d’abord un tour de corde autour de lui avant de faire un nœud – chose qu’il ne faisait guère habituellement car son système de sécurité personnel était le contrôle sur le métal -. Il attacha ensuite l’autre bout de la corde à un énorme clou. Il enroula le tout avant de saisir ses deux pieux.« Les mocassins sont d’une grande importance, ne les sous-estimez pas. Leur cuirette permet une meilleure adhésion et ils vous garderont au chaud. La technique est plutôt simple. Vous piquez jusqu’à ce que vous obteniez un point d’encrage assez solide. Lorsque vous sentez que l’objet planté peut absorber une certaine tension, vous montez. Vos pieds iront dans les trous que vous avez créés au préalable avec vos pieux. Il est d’une importance capitale de planter le clou à chacun de vos mouvements car si vous tombez, vous n’aurez pas de deuxième chance sans cet objet ô combien utile. » Il procéda ensuite à une deuxième ascension de ce bout de montagne. Dans un souci d’apprentissage, il commença lentement en expliquant chacune des étapes explicitement afin de ne pas la confondre. Le sorcier ne se rendit pas plus loin qu’à la corniche où les avait mené la jeune demoiselle avant de redescendre rapidement, à la suite de quoi il lui tendit l’équipement nécessaire et lui expliqua comment faire le nœud de sécurité.

Pourquoi est-ce que Zelane restait? Conscient du danger que cela représentait, il aurait dû disparaître aussitôt Iphigénie hors de danger mais, quelque chose semblait le retenir; aurait-il réponse à sa question avant de partir? Ce déjà-vu le titillait au plus haut point.

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MessagePosté le: 10/02/2013 17:22    Sujet du message: Rencontre d'un futur écuyer et d'un sorcier... Répondre en citant

C’est officiel, je n’ai plus aucun pouvoir sur les adultes. Apparemment, c’est ce qui s’appelle grandir. Tout ça pour dire que le magicien d’Opale, Zelane de son prénom, refuse de m’emmener jusqu’en haut, prétextant que cela ne me rendrait pas plus heureuse. Je trouve ça fort. Comment fait-il pour savoir que cela ne me rendrait pas heureuse? Moi, au contraire, je suis certaine que je serais plus qu’heureuse! Après tout, j’adore relever des défis, mais je préfère encore quand je réussis à les relever. Au lieu de quoi, il se contente de me donner des conseils comme quoi le meilleur moyen de fermer le clapet des garçons, c’est de ne pas les écouter et de ne pas accepter leur défi. Sa logique semble plus tordue que la mienne s’il en vient à penser ça. Après tout, difficile de faire comprendre aux garçons que les filles sont capables de faire les mêmes choses qu’eux si elles ne relèvent jamais les défis et ne les réussissent pas. Je ne vois donc pas en quoi cela serait l’une des plus grandes victoires. Après tout, dire que j’ai gagné contre l’orgueil, ça se place mal dans une conversation et ça se dit pas vraiment…

Au moment où je vais exposer à Zelane l’élasticité de sa théorie tordue, il aborde un sujet somme toute sensible pour moi. Après tout, c’est vrai que j’ai déjà eu un pouvoir, mais il s’est manifesté une ou deux fois quand j’étais gamine. Et depuis, il a complètement disparu. Il n’y a plus rien de magique en moi. Du moins, c’est ce que je suppose vu que j’ai rien pu faire depuis plusieurs années maintenant. Maintenant, est-ce que je lui dis? Bah, j’ai jamais caché grand-chose alors. « C’est gentil, mais ça doit être des restants que vous voyez, parce que j’avais bien un pouvoir. Enfin, mon arrière-grand-père pensait que j’avais un pouvoir. J’ai lu dans ses pensées, une fois. À moins que ce soit juste un effet de son imagination et qu’il ait parlé à voix haute sans s’en rendre compte. Ça m’a fait plaisir d’y croire sur le moment, mais maintenant, je doute que ce soit vraiment arrivé. J’ai manqué les inscriptions pour l’ordre des chevaliers d’Émeraude alors, la magicienne là-bas a jamais pu confirmer que c’était vrai. Mais si vous voyez des restants, c’est bien. Ça veut dire que mon arrière-grand-père a pas imaginé ça. » Je l’ai vu plissé les yeux au fur et à mesure. Ma manie de bavasser, encore et encore. Grand-mère me dit que je parle beaucoup trop pour une petite fille et que je devrais apprendre à garder la bouche fermée parce que une femme qui parle trop réussira jamais à trouver un mari. Comme je n’ai pas l’intention de me marier, c’est pas vraiment important d’apprendre à fermer la bouche dans mon cas, mais quand je vois les gens plisser les yeux comme Zelane, c’est signe que je parle trop.

Aussitôt que j’arrête de parler, il déplisse les yeux. Ouais, je parlais vraiment trop. Les adultes n’ont pas beaucoup de patience pour les enfants. Au moins, il me proposait de m’aider à redescendre. C’est une chance, parce que je me serais sûrement rompue le cou à descendre par mes propres moyens! Et moi, sous la responsabilité d’une figure parentale? Il utilise beaucoup de grands mots, le magicien Zelane. « Vous inquiétez pas pour ça. Mon papa, il est pas comme tous les papas. Il me permet plus de trucs parce qu’il sait que j’ai besoin de bouger et que je tiens jamais en place. Ça le dérangera pas, promis! » Je lui fais un autre grand sourire. Certes, ça ne le charmera pas, mais au moins, je ne suis pas en train de me tortiller comme si j’étais mal à l’aise et que je mentais. Je sais que je mens pas. Pas totalement, en tout cas. Parce que papa sait vraiment que j’ai besoin de bouger. Bon, il n’approuverait pas mon plan actuel, mais ça, c’est une toute autre histoire. Après tout, il n’y a aucune chance que mon papa rencontre le magicien Zelane alors. Ce dernier me tendit la main, que je pris. J’ai peut-être réussi à le charmer, finalement! Il tient ses outils et, pourtant, il réussit à nous faire descendre tout doucement, comme si c’était facile. « Wouah! Comment vous avez fait? C’est votre pouvoir magique? Ça marche comment? Le mien était pas mal moins cool. » Au lieu de quoi, Zelane me demande de lui promettre qu’il ne le regrettera pas s’il me montre comment ça marche, pour grimper. Oh! J’ai aucun problème avec ça. « Je promets! Je promets! Je promets! »

Je suis peut-être un peu trop enthousiaste. N’empêche. Je me recule pour le regarde. Il met une corde autour de sa taille. Il fait un nœud. Simple précaution pour ne pas tomber, mais dans son cas, c’est plutôt inutile. L’autre bout de la corde, il l’attacha à un énorme clou. Je me demande à quoi il sert. Enfin, il prend ses deux pieux dans ses mains et il me parle. Je note mentalement : des mocassins, important pour une meilleure adhésion et pour garder la chaleur. Comment on monte? On pique, on s’assure qu’on a un point d’ancrage solide, on monte, on laisse ses pieds dans les trous creusés précédemment. Et il faut planter le clou à chaque fois, pour se protéger en cas de chute. C’est pas fou. Je le regarde monter la montagne, comme il l’a descendu un moment plus tôt. Il prend le temps de m’expliquer chaque étape en me montrant les gestes. Et moi, j’ai les jambes qui grouillent. J’ai hâte que ce soit mon tour, de grimper. Il va jusqu’à la corniche pour redescendre rapidement. Enfin, c’est mon tour. Je suis toute énervée! Je regarde mes souliers. C’est pas des mocassins, mais ça devrait faire l’affaire. Et Zelane pourra sans doute me rattraper si besoin est.

Je l’écoute plus attentivement que j’ai jamais écouté aucun de mes précepteurs auparavant. Probablement parce que lui, il est intéressant. Et que j’ai pas à apprendre des tonnes de noms par cœur. Donc, je prends l’énorme clou attaché à l’autre bout de la corde que je passe par-dessus mon épaule. J’ai les pieux. Ils sont vraiment lourds. Ça doit être parce que je suis petite. Pas grave. Pas question que ça m’arrête. Je plante un pieu, je suis les instructions. Je mets mes pieds dans les trous que j’ai creusés avant. Et je plante le clou à chaque nouveau pas, pour être sûre de pas tomber dans le vide. Hum, des gants, ça aurait été bien également, parce que c’est pas mal froid. Si Zelane est monté en quelques minutes sur la corniche, moi, je dirais bien que ça m’a pris une bonne heure. Parce que je suis plus petite et que c’est ma première ascension. Sur la corniche, je prends le temps de reprendre mon souffle. Et là, il faut que j’amorce la descendre. Quoi que, j’ai bien envie de continuer jusqu’en haut. Ça me prendrait une éternité. Zelane aurait le temps de m’arrêter avant que je puisse vraiment y arriver. Et puis, j’ai pas de mocassins, j’ai pas des outils adaptés à ma taille. Je fais la moue. La vie est parfois mal faite. Je finis donc par redescendre sagement. La descente est plus difficile que la montée, parce que je vois pas nécessairement où je dois mettre mes pieds. Je finis par arriver en bas. « Vous voyez, ça s’est bien passé! J’ai fait tout ce que vous aviez dit. Et comme ça, mon p… » Hum, non, ça, vaut mieux pas le dire. « J’crois que j’vais vous écouter pour aujourd’hui. J’ai pas de mocassins et les pieds et le clou, ils sont trop lourds pour moi. Je pourrais pas monter facilement en haut. Ça me prendrait trop de temps et trop d’énergie. Et comme le déjeuner remonte à loin maintenant… Mais les forgerons, ici, ils doivent savoir comment faire les pieux, non? Je pourrais en commander à ma taille. Ça doit pas juste marcher sur les montagnes de glace, non? Parce qu’il y a une montagne à Perle que j’aimerais bien grimper. Ce serait bien que je sois la première à le faire. Ça clouerait le bec aux idiots. Pardon, aux garçons. Mais vous savez, ce serait davantage un défi pour moi, pas nécessairement parce que eux me l’ont lancé. Et puis, à Émeraude aussi, il doit y en avoir. Mon papa est supposé m’amener à Émeraude bientôt, pour les inscriptions. Mon arrière-grand-père est pas magicien comme vous, mais il croit comme vous que j’ai un potentiel magique. Enfin, il le croit parce que j’ai déjà eu un pouvoir. Et il aimerait beaucoup que je suive les traces de sa fille. » Je recommence à discuter. Un peu trop. Je m’arrête avant qu’il plisse les yeux. Il faut pas que je l’ennuie. Après tout, il a été gentil avec moi, comparé à beaucoup d’adultes de ma connaissance.

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MessagePosté le: 12/02/2013 15:00    Sujet du message: Rencontre d'un futur écuyer et d'un sorcier... Répondre en citant

Le sorcier d’Esprit observa attentivement l’ascension de la jeune Iphigénie. Force était d’admettre qu’il avait bel et bien douté qu’elle n’ait saisi toute l’information qu’il avait tenté de lui transmettre avant qu’elle ne se lance dans cette aventure. Il était ardu de lui reprocher pareil jugement quant on réalisait à quel point cette rouquine ensoleillée était volubile : ses paroles déferlaient au rythme de ses pensées et celles-là n’étaient organisées d’aucune façon apparente, ce qui était tout à fait normal à cet âge. Aux instants d’écouter son interlocutrice, Zelane tentait de dissimuler un sourire certain pour ne pas paraître condescendant mais, ce sourire ne résultait que de la chaleur qu’apportait le discours d’un enfant aux oreilles de l’occultiste. Elle ne craignait que la faiblesse, se vautrant dans chaque bravade comme si elle avait le monde à prouver. Quant à lui, il ne se souvenait pas du jour où il s’était levé avec autant à démontrer, non pas qu’il avait confiance en ses moyens à ce point – très loin de là – mais que très vite Edgar, son majordome, lui avait appris que les grandes victoires n’étaient achevées qu’aux dépends de soi uniquement. Très jeune on avait tenté de lui inculquer les préceptes de la sagesse mais cela ne lui avait jamais fait perdre son cœur de gamin. Rien ne semblait pouvoir atteindre cet aspect de la personnalité du frêle personnage : il allait puiser en ces eaux tout le confort, tout l’espoir paisible qu’il lui fallait pour daigner être heureux. Après tout, le fait d’être adulte n’était peut-être qu’un passage obligé des gens qui s’étaient affalés devant leurs rêves.


La fierté s’empara du voyageur clandestin : si Zelane appréciait suivre les apprentissages qui lui étaient donnés, rares étaient les occasions qu’il avait de faire office de professeur. En fait, le « magicien d’Opale» ne se sentait simplement pas à la hauteur. Le rôle d’enseignant, bien que peu prestigieux aux yeux de la masse, était probablement l’un des plus importants et sans nul doute le plus glorifié par l’occultiste. La transmission du savoir n’était pas à prendre à la légère été ses répercussions sur l’apprenant étaient, d’une certaine façon, irréversibles. Cette pression avait été trop difficile à supporter et c’était pour cette raison qu’il n’avait même pas tenté de trouver un apprenti lorsqu’il devint officiellement sorcier d’Esprit. Quelques missives lui avaient été envoyées, par les parents de nobles jeunes gens qui salivaient déjà à l’idée de raconter à leurs amis de la cours que leur enfant allait devenir sorcier. Les refus catégoriques qu’il avait émis à ces demandeurs pouvait paraître injustifiés et trop hâtifs mais, Zelane oubliait rarement : il reconnaissait les noms de gens de haute société qui autrefois se trouvaient aux mêmes événements mondains que lui. Ces rencontres de faux-nez qui n’avaient pour objectif que de se comparer aux autres afin de pouvoir se complaindre dans un malheur qui semblait finalement moindre que ceux des autres. Il n’allait jamais leur faire ce plaisir ô ça non, et c’est pourquoi il décida de fermer la boutique avant même de ne l’avoir ouverte.

S’avéra-t-il que la surprenante Iphigénie avait écouté plus qu’habilement ses conseils : au bout d’une heure – qui aurait pu en être trois, ou quatre, cela importait très peu au jeune homme -, elle se trouva sur la terre ferme, fière d’avoir accomplie cet exigeant défi. Le sorcier d’Esprit applaudit un tant soit peu, il la félicita pour son exploit, à la suite de quoi une vague de mots déferla sur lui à une vitesse qui ne lui permettait pas de repos. Étonné par toute cette énergie, il eut de la difficulté à saisir l’essence de son message; il en fut tout de même capable et tenta par ce fait de lui organiser une réponse convenable : « Tu n’auras pas de problème à en trouver, je vais t’écrire la commande afin que tu reçoives les bonnes pièces, mais avant, tu dois me jurer que tu utiliseras le matériel de façon sécuritaire et que tu ne tenteras rien de trop difficile pour toi et ce même si des gamins un peu trop fiers te le demandent. Est-ce bien clair? » Zelane prit un air sérieux le temps de poser sa question, à la suite de quoi il se dissipa pour laisser un sourire s’immiscer. De son sac il sortit un pain d’amande, recette elfique préparée par Edgar. Il donna à Iphigénie ce qui lui restait afin d’apaiser sa faim. Il ne se garda que quelques bouchées, histoire de ne pas s’auto-digérer sur le chemin du retour. Tous deux s’assirent sur le sol alors qu’Alfador décida de sortir de son cocon pour aller quérir quelques caresses à la jeune demoiselle. Un sourire paisible au visage, l’occultiste pour sa part décida de sortir quelques bouts de métal de sa poche, matériel qu’il trainait avec lui pour des raisons assez évidentes. Dans un mouvement de main de marionnettiste, il fit danser ces morceaux au timbre de sa voix qui entonnait une valse. Le fils de Tymora tentait volontairement de piquer la curiosité déjà élevée de sa jeune amie. « Fais moi confiance, tu portes en toi beaucoup plus que de simples restes de magie. Ils t’accepteront, à Émeraude, et si la chance te sourit et que tu tombes sur un maître ou une maîtresse compétent compétente, tu accompliras beaucoup plus de choses que tu ne sembles le croire. »

Il lui fit un clin d’œil complice, mais avant qu’il ne puisse continuer son petit discours d’encouragement, un homme passa à proximité et Zelane ne l’avait pas du tout calculé. Un réflexe rapide lui permit de se dissimuler de nouveau sous sa capuche, ne pouvant se permettre de montrer son œil blanc au grand jour. L’inconnu se tourna vers eux et sembla autant frustré qu’intrigué. Il s’approcha donc d’eux, au grand désarroi du plus vieux : « Vous ne devriez pas être ici, le cousin Pierre n’apprécie guère que l’on flâne sur ses terres. Et d’abord, qui êtes-vous? » Voila le moment que redoutait le sorcier : bien sûr il n’était pas si ardu de se défaire de cette situation sans problème mais une autre décision se posait à lui qui était plus difficile cette fois. Il avait menti à Iphigénie à propos de son identité et stupidement, il avait choisi de se faire passer pour le magicien de ce royaume. Il lui fut possible à cet instant de calculer ce qui semblait être la bonne solution même si cette dernière demeurait une mesure palliative : « Mon nom est Raäknek, moine du temple du Saule. Nous quittons de ce pas. » Il ne porta aucun regard sur celui qui les avait avertis. Ce dernier s’excusa de son impolitesse mais la méfiance sur son visage ne laissait guère présagé une sortie facile pour l’occultiste. Après un moment très dense pour chacun d’eux, l’homme s’en retourna par d’où il venait, sans être satisfait de la réponse de Zelane…

Le sorcier pria Iphigénie de se déplacer en posant une main dirigeante dans son dos. Alfador était retourné au creux du sac de son maître et ils partirent vers l’Ouest, marchant de façon vigilante en s’assurant que son interlocuteur disparaisse de son champ de vision. Une fois à distance acceptable, il trouva un endroit qui leur procurerait une meilleure couverture. Sachant qu’il devait à la jeune fille à la chevelure enflammée quelque explication, il ne se fit pas prier : « Je te demande de m’excuser Iphigénie. Je ne suis pas vraiment le magicien d’Opale… Cependant, pour ta protection et pour la mienne, il m’est impossible de révéler ma réelle identité. Je ne t’ai pas menti à propos de mon nom, sois en certaine. » Il savait bien que ces piètres aveux ne sauraient satisfaire l’énorme curiosité de son interlocutrice mais il n’avait rien de plus à lui offrir : comment réagirait-elle si elle savait qu’en fait elle avait affaire au sorcier de la capitale du mal? Il n’appréciait guère prendre la décision pour elle mais il ne pouvait se permettre de se compromettre de la sorte. En ces territoires Zelane était plus que vulnérable et il mettrait ses mentors dans une terrible situation s’il devait se défendre des Enkievs, peu importe le dénouement. De toute façon, la téméraire demoiselle disposait de suffisamment d’indices pour en venir à une conclusion se rapprochant de la réalité. De façon certaine, il espérait qu’elle aurait le cœur de lui pardonner et si par un heureux miracle sa curiosité pouvait se dissiper envers cette question ultime, le sorcier serait ravi. Après tout, elle avait réussi à capter son attention et de lui apprendre ses quelques trucs lui avait plu puisqu’il avait décidé de rester quelques heures de plus en territoires hostiles.

Alors que Zelane et Iphigénie se tenaient en lieux qu’ils croyaient sûrs, le passant qui les avait aperçus s’en alla quérir de plus amples informations sur l’arrivée de moines à Opale…

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MessagePosté le: 05/03/2013 10:31    Sujet du message: Rencontre d'un futur écuyer et d'un sorcier... Répondre en citant

Au moins, le magicien Zelane n’est pas avare de félicitations! Il y a des adultes qui se seraient contenté de me dire que c’était vraiment insensé de faire quelque chose comme ça et que j’aurais mieux fait de jouer à la poupée sagement. Lui, il doit comprendre ce que j’ai dû faire. Ça a pas été nécessairement facile, mais j’ai adoré ça! A-DO-RÉ! Et Zelane doit l’avoir senti. Bon, pour la commande, il va me donner les informations dont j’ai besoin. Il va me rester à convaincre papa de m’acheter ce matériel, parce que je ne reçois pas d’argent de poche. Hum, je crois que j’aurais plus de chance avec mon arrière-grand-père. Ce serait plus sage d’attendre d’être de retour à la maison, au manoir, parce que sinon, papa va se poser des questions et il va demander à quelqu’un de me surveiller. Je me demande si ça se trouve, des nounous pour quelques journées… Et puis, BAM! Faut que je pense à ma sécurité et que je dois pas le faire si c’est juste pour impressionner des garçons. « C’est clair! Vous inquiétez pas. Si je suis morte, je pourrai plus relever de défis, et comme c’est ce qu’il y a de plus amusant, je ferai pas exprès de mourir et de me mettre dans des situations dangereuses. » C’est vrai quoi? Et je le fais pas tant pour les garçons que pour moi. Quand on te dit tout le temps que t’es une fille et que tu peux pas faire ça ou que tu réussiras jamais à faire ça, normal que tu veuilles prouver le contraire à ceux qui le disent, mais aussi te prouver que tu peux le faire. Je veux me prouver que je suis capable de tout faire, même si je suis une fille, ce qui est une caractéristique assez handicapante en ce bas monde, ça a l’air.

Enfin, Zelane sourit déjà et sort de son sac un pain qu’il me tend. Je ne prends même pas la peine de me poser la question si j’ai le droit ou pas d’accepter. « Merci! » et je croque dedans, une grosse bouchée. Miam! « C’est quoi ce pain? C’est tellement bon! » On s’assoit par terre. Je croise les jambes et je prends une autre bouchée de ce délicieux morceau.Tiens, le truc mauve est sorti du sac et il s’approche. On dirait un chat. Il se conduit comme un chat, en tout cas. Je souris alors qu’il vient quémander des caresses. Je m’ennuie de Brandon, là. J’espère que mes frères s’en occupent pour de vrai! J’imagine que oui parce qu’ils doivent aussi s’occuper de Molly. Sinon, les filles de cuisine vont au moins le nourrir et le sortir. Et puis, le chat devient soudain moins intéressant quand Zelane se met à bouger des mains comme un marionnettiste. Ce qu’il y a d’intéressant, c’est les morceaux de métal qui volent dans les airs, dansant au gré de ses mouvements. J’ai les yeux ronds, plein d’envie! Wouah! C’est quand même impressionnant. Je me demande si je serais capable de lire dans ses pensées. Alors, je me mets à fixer Zelane. Je vois les morceaux de métal, mais ils deviennent flous alors que je me concentre sur son visage. Mes yeux commencent à se plisser, comme si ça me permettait de mieux voir ses pensées. Une minute. Une minute avant de me rendre compte que c’est complètement ridicule. J’entends des voix. Je les vois pas. Bref, je secoue la tête. Ça sert à rien. Zelane est bien gentil de dire que j’ai du potentiel. C’est probablement vrai. « Merci. J’espère bien que la magicienne va le voir.Enfin, je pourrais toujours lui donner ton nom pour référence, si jamais elle le voit pas. Et pour le maître, je fais comment pour savoir s’il est bon ou pas? Enfin, j’ai bien hâte de voir ce que je vais être capable de faire. » J’avoue que je peux même pas élaborer là-dessus vu que j’ai aucune idée de ce que je pourrais faire ou pas, des pouvoirs qu’ont les chevaliers. Est-ce qu’on a tous les mêmes pouvoirs? Juste un de différent des autres? Est-ce qu’on a tous les mêmes niveaux pour tous les pouvoirs? Bon, je m’égare encore.

Zelane est gentil, mais tout d’un coup, l’atmosphère change. Il a remis sa capuche et le chat est parti se cacher. C’est bizarre, ça! Ah! Il y a un inconnu qui s’approche de nous. J’observe Zelane, qui semble vouloir se cacher. Le monsieur nous dit qu’on n’a pas d’affaires là. Apparemment, c’est les terres de Pierre. Je savais pas que ça appartenait à quelqu’un. Enfin, il demande qui on est.
Zelane est plus rapide que moi pour répondre. Hum, Raäknek? Quoi? Pourquoi il n’a pas dit qu’il s’appelait Zelane? Et qu’il était l… Oh! Peut-être que je dois mentir sur mon identité moi aussi? Zelane étant magicien, il doit avoir senti que l’homme était pas gentil. Il doit vouloir se protéger, même me protéger. Peut-être que l’homme en question est plus puissant que Zelane. Quoi que un magicien, ça doit pas être facile à battre… Allez, j’me lance! « Moi, c’est Chlotilde. Et on va y aller, comme dit… », que je murmure du bout des lèvres, juste pour dire que… Hum, pas nécessaire de finir ma phrase, je crois.Il pensera jamais à chercher une Iphigénie. Et pas grand-monde connaît mon deuxième prénom alors.

Zelane a mis sa main dans mon dos pour me pousser à m’éloigner de notre interlocuteur qui s’est excusé pour son impolitesse. Il a pas l’air très méchant, mais il faut pas se fier aux apparences. Bref, on marche un moment, et je vois Zelane se retourner, sans doute pour s’assurer que l’homme ne nous suit pas. Il finit par nous mettre sous couvert. Il a l’air nerveux Zelane. Et il m’avoue d’une traite qu’il n’avait pas le choix de mentir. Il est pas le magicien d’Opale, finalement. Il s’appelle bien Zelane, mais pour une obscure raison qui m’échappe, il ne peut pas me dire qui il est vraiment. Je me recule d’un pas. C’est étrange, et la situation me semble tout d’un coup dangereuse. Je crois que j’aurais pas dû venir ici finalement. Il avait peut-être raison, Zelane. Il ne faut pas répondre au défi. Sinon, on se retrouve dans des situations dangereuses comme celle-ci. Pourtant, il a été gentil. Mais qu’est-ce que je dois faire? Le soleil n’est plus aussi haut. Je ne sais pas quand il va se coucher, mais ça ne tardera pas. Ça veut dire que mon père est déjà probablement à l’auberge en train de se dire que je suis encore en train de courir après les ennuis. Et pour une fois, je serais presque d’accord avec lui. « Si tu m’as menti sur ce que tu faisais, j’sais pas si j’peux vraiment croire que ton vrai nom, c’est Zelane. Moi, j’ai pas menti sur le mien. Mais bon, je ferais peut-être mieux d’y aller. Après tout, mon père va s’inquiéter pour moi si je rentre pas. Alors, si ton intention, c’est de me garder avec toi ou de m’enlever, juste te dire que mon père va tout faire pour me retrouver. Alors, t'es peut-être mieux de juste me laisser partir... » Je recule d'un pas, de deux, de trois. Je regarde toujours Zelane, comme si j'avais peur qu'il me rattrape ou qu'il se transforme en monstre. Je sais que ça peut pas être vrai. J'espère, en tout cas. Bref, je continue de le fixer et je finis par me retourner pour courir dans la direction qu'on vient de quitter. Je vais retrouver les terres de Pierre, puis de là, retourner à l'auberge où papa doit m'attendre. C'est la meilleure chose à faire.

Ça me prend un moment pour retrouver les terres de Pierre. Les arbres, ils se ressemblent tous alors, au final, j'ai peut-être tourné en rond. Et je vais pour les traverser quand quelqu'un hèle mon prénom. Enfin, mon deuxième prénom. Je tourne la tête, sans même m'arrêter. Et pourtant, je le fais. Il y a l'homme de tantôt, avec une torche à la main. Et d'autres hommes avec lui. Dans le crépuscule, ils ont l'air menaçant. Et je suis pas mal toute seule ici. Je regarde à gauche et à droite. Je peux pas faire grand-chose. L'homme s'approche et quand il est à portée de voix, il me demande : « Hey, petite, il est où l'homme qui t'accompagnait tout à l'heure? » Je le regarde s'avancer encore. Mauvaise impression. J'aime pas ça. « Je... Je sais pas. Il est parti de son côté, tout seul. J'ai pas fait attention. J'veux juste rentrer chez moi. Mon papa va s'inquiéter... » Je tente de discrètement continuer ma marche vers la direction que je crois être la bonne, quand un homme surgit non loin de moi, me bloquant le passage. « Allons, t'étais avec lui y'a pas longtemps... » Là, j'aimerais vraiment ça pas être toute seule. J'cours vite, je pourrais facilement contourner l'homme en avant de moi, mais tout ce que je vais réussir à faire, c'est me perdre dans les bois. Hum, au pire, je passerai la nuit dans un arbre et demain, je retournerai à l'auberge et je promettrai à papa de ne plus jamais m'éloigner. Pourtant, je reste planter là. « Laissez-moi passer ou je crie. Et on va m'entendre très loin... » J'essaie d'avoir l'air assurée, mais l'homme devant moi a l'air plus que déterminé. Mais pourquoi il me ferait du mal? Il doit penser que je suis de mèche avec Zelane, si c'est son vrai nom... Et quand il fait un pas vers moi, je me mets à crier. Parce que c'est tout ce qui me paraît logique. Après tout, j'ai juste 10 ans et pas d'autre moyen de défense...

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MessagePosté le: 06/03/2013 15:40    Sujet du message: Rencontre d'un futur écuyer et d'un sorcier... Répondre en citant

Du haut de tout son courage il plaça son pied dans la crevasse la plus commode qu’il eut pu trouver. La peur se lisait sur son visage et même s’il avait tenté de la dissimuler, la sueur qui enveloppait son front l’aurait très probablement trahie. Le frêle gamin n’avait pas obtempéré aux consignes claires de la gouvernante : « Ce matin, vous vous rendrez à la caserne afin d’y rencontrer Sieur Cadélâbre pour votre leçon d’escrime, à la suite de quoi Edgar vous accompagnera au cours de bienséance donné cet après-midi par Madame Rosalice. Ne tardez pas : aux bains, tout de suite!» Courtois, poli mais, surtout peu réceptif aux formes d’autorité l’entourant, le prince héritier, après lui avoir tiré sa révérence la moins convaincante, s’était dirigé vers le Mont Automna, majestueux cap adjacent au palais. Si le jeune apprenti n’appréciait guère ses apprentissages au sabre, il détestait au plus haut niveau qu’on lui dicte l’étiquette aristocratique. En plus de porter cette caste avariée en mépris, sa familiarité avec les bonnes manières était sans reproche. Le respect d’autrui et l’amour du prochain se tissaient en lui comme deux profondes valeurs qu’il portait en étendard. C’est pourquoi le jouvenceau, au prix de reproches émis sous forme de rugissement et de protection accrue de sa personne, s’était pourvu d’un instant de liberté. L’hardant désir de quitter le noyau de la haute société l’avait donc mené à apprécier les vents du Nord de manière inopinée.

Sa main glissa en synchronisme avec l’un de ses battements de cœur; sa vitalité ne tenait à l’instant que par quelques menus doigts qui souffraient de l’humidité des parois du roc. La secousse fit chuter le grimoire que son majordome lui avait offert quelques nuits avant son troisième printemps - un recueil de manuscrits portant sur les détours les plus ténébreux de l’occultisme – et il en prit au moins cinq secondes pour que la percussion du sol se fasse entendre par le téméraire bambin, l’informant ainsi qu’il ne bénéficiait guère d’une panoplie de différentes stratégies pour demeurer en ce monde. À treize années de vie, la puissance musculaire n’était pas à son apex, bien que les années suivant celles-ci prouvèrent que, dans sa situation, ça n’avait rien avoir avec l’âge. À la seconde où il sentit la poigne qu’il avait se résorber, on agrippa son bras; il poussa un cri involontaire, comme si l’espoir était subitement venu se rattacher à lui, cautionnant une mince peine. D’instinct il exécuta chaque manœuvre que l’inconnu qui venait de lui sauver la vie lui commanda de faire. Ayant atteint le plateau où se trouvait l’homme – il ne faisait plus de doute sur son identité, lui qui portait une toge aux manches coupées et qui portait avec élégance et sagesse une barbe qui n’avait toujours pas blanchie – au visage serein. Un sourire passif reposait sur son visage et en ses yeux planait une quiétude qui n’était connue que chez les hommes les plus vertueux du continent.

«Vous ne devriez pas vous promener en de tels lieux; vos parents auraient leurs raisons d’être inquiets. » Le sage homme aurait eut raison, si ce n’était du léger détail qui faisait toute la différence… Le petit se contenta d’hocher la tête, non pas heurté par les propos de son interlocuteur mais par les mémoires qu’ils évoquaient. « Merci pour votre aide, monsieur. Je serai plus prudent à l’avenir. » Même à cet époque le prince pragmatique n’était pas verbomoteur, préférant le silence de l’homme au profit de la musique de la nature. Tous deux se turent, admirant l’agréable vue du royaume en entier au soleil levant. Le rôdeur ne semblait pas non plus malaisé de dissiper ses propos, lui qui paraissait plongé dans un perpétuel état méditatif. Une main rassurante se posa sur son épaule et ils échangèrent un moment, par les yeux. En levant son regard de quelques degrés, l’étudiant remarqua qu’un peu plus loin se trouvait un petit animal, ce qui semblait être un panda roux; celui-ci le fixa longuement, avant de s’approcher des deux nouvelles connaissances pour s’endormir confortablement. « Je te présente Äbhi : il est peu réceptif aux nouvelles connaissances mais il s’agit du plus éclairé de mes disciples. » Un sourire apparut subtilement sur les lèvres de celui qui était déjà en retard pour son cours d’escrime. Il crue d’abord qu’il s’agissait d’une blague mais comprit le sérieux de la situation à en juger par le regard réfléchi qu’exposait l’étrange individu.

Après une analyse visuelle complète, le trop curieux garçon conclut qu’il avait affaire avec une sorte de guide spirituel, non pas issu d’une secte mais de nobles lieux. Perdu en ses rêves, il ne remarqua point que celui-ci avait amorcé la descente, accompagné par l’animal à la mine grincheuse car, après tout, on venait de le tirer de son sommeil. Pressé dans ses démarches, il suivit les indications de son mentor et tous trois arrivèrent au sol sans trop d’égratignures. « Vous ne leurs ressemblez pas.» Sans trop en connaître les circonstances, il comprit qu’il parlait du peuple de l’Empire. « C’est que j’ai une tête irrégulière. » Un sourire en coin se dessina sur le visage du sage qui ne s’attendait pas à une telle réponse. Mine de rien, cela faisait déjà trois heures qu’ils avaient fait rencontre : le plus vieux des deux prépara son sac pour continuer son chemin. Avant d’entamer sa route, il déposa au creux de la paume du prince héritier une bague d’auriculaire – qui à cet époque en était davantage une d’annulaire pour le gamin - fait d’un matériel étrange, semblable à une racine. Ornée d’une pierre précieuse, elle portait également un symbole à l’aspect mystérieux rappelant au nouveau propriétaire les emblèmes qu’il avait trouvé dans son grimoire. « Hélas jeune ami, mon pèlerinage ici est terminé. Je dois m’en retourner de l’autre côté de la chaîne. » Il s’inclina devant l’enfant à la frêle allure avant d’enchaîner : « Mon nom est Raâknek, moine du temple du Saule. » Le voyant partir ainsi sans plus de discours, il comprit que c’était sa dernière chance de lui parler, du moins, pour l’instant : « Moi, je m’appelle… Mais quand est-ce que nous nous reverrons, monsieur? »

Son sourire paisible toujours perché à ses lèvres, le moine se retourna pour une dernière fois avant de disparaître sous la neige qui venait de commencer à tomber du ciel : « Ne vous en faites pas Zelane, un temps viendra où vous saurez me trouver. » Le jeune garçon fut surpris et heureux à la fois car, en ces tristes temps pour lui vint enfin un réconfort mystique et il en garderait toujours un souvenir à son doigt. Comment avait-il appris comment il se nommait? Il n’en savait rien. Par contre, le mystère lui concédait une joie distincte qui ferait planer en lui une aventure en suspens.



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Le jeune homme n’aurait osé anticiper autre réaction : il s’était emparé de la confiance d’Iphigénie et bien que ses motifs fussent suffisants, elle n’en sut rien. Le sorcier d’Esprit s’était condamné à devoir préserver le mensonge, sachant que pour leur protection commune il ne lui fallait pas connaître son titre. Évidemment, il ne la freina pas lorsqu’elle fit chemin de par où ils étaient venus. La triste s’empara tout de même de son être, lui qui venait de blesser une jeune demoiselle qui ne semblait souhaiter qu’une sincère relation. Peut-être que cette fracture était souhaitable : ainsi, il n’aurait pas à prendre la décision de se retirer, lui qui devait rejoindre son royaume avant l’aube, attendu le lendemain à Shola pour le banquet qu’organisait sa tendre sœur.


Le jeune homme n’aurait osé anticiper autre réaction : il s’était emparé de la confiance d’Iphigénie et bien que ses motifs fussent suffisants, elle n’en sut rien. Le sorcier d’Esprit s’était condamné à devoir préserver le mensonge, sachant que pour leur protection commune il ne lui fallait pas connaître son titre. Évidemment, il ne la freina pas lorsqu’elle fit chemin de par où ils étaient venus. La triste s’empara tout de même de son être, lui qui venait de blesser une jeune demoiselle qui ne semblait souhaiter qu’une sincère relation. Peut-être que cette fracture était souhaitable : ainsi, il n’aurait pas à prendre la décision de se retirer, lui qui devait rejoindre son royaume avant l’aube afin de ne pas éveiller les soupçons. La présence d’un sorcier sur les terres ennemies pouvait mener à une haute surveillance de ce dernier par le consul. Déjà, son ascension vers le rang de noblesse s’était faite scrutée au plus menu détail : son statu d’orphelin avait soulevé bien des débats quant à la tenue de son poste. Quelques parents de l’aristocratie avaient envoyé des mises en demeure à l’égard de Zelane, souhaitant plus que leurs enfants – qui n’étaient dotés que d’un infime potentiel magique – prennent sa place en tant que sorcier. Leur rage s’était propulsée au zénith lorsqu’ils apprirent que la sorcière impériale avait créé le poste de sorcier d’Esprit; au moment où la décision fut prise, il était aisé de présumer que cette manœuvre avait été faite au profit du fils de Tymora.
L’occultiste prépara ses équipements, conscient qu’il devrait affronter le flanc des montagnes sous peu. Il ne possédait ni torche ni lampion, mais la nature l’avait doté du pouvoir de la lumière qu’il pouvait concentrer en basse puissance dans son œil de droite. Habitué à de telles manœuvres, il en prendrait seulement quatre à cinq heures au sorcier pour qu’il atteigne le plateau où se trouvait le ranch du vieil Habize, lui qui hébergeait la monture du juvénile rêveur. Ce trajet quelque peu routinier – même s’il n’avait pas l’habitude de dépasser les frontières de l’Empire – ne lui était en rien imposant. Seul le sentiment d’avoir déçu la petite rouquine l’infligeait d’une amertume qu’il ne connue qu’en de rares occasions. Au premier coup de pioche sur le roc, à une centaine de mètres d’où ils s’étaient séparés, Zelane se sentit assez déchiré pour retirer son outil et aller dans la direction qu’avait choisie Iphigénie pour disparaître. Se raisonnant alors que le danger était trop important pour laisser ses sentiments prendre le dessus, il recula. Il effectua ce mouvement oscillatoire à quelques reprises : la petite avait définitivement besoin d’une présence positive dans sa vie, d’une personne qui comprendrait le chemin qu’elle aurait peut-être à traverser. Le sorcier d’Esprit était convaincu de pouvoir remplir cette fonction, ce qui relevait plutôt du mystique puisqu’il n’avait jamais réellement désiré faire part de ses connaissances à une élève, lui qui doutait trop souvent de ses compétences spirituelles.

Clothilde. Comment avait-il pu passer devant un indice aussi flagrant? En se remémorant les dernières scènes qu’ils venaient de vivre, l’occultiste réalisa bien rapidement qu’il avait fait preuve d’idiotie. Son apparence, son essence mystérieuse, une telle familiarité…Il ne l’avait pas rencontré à bon nombre de reprises, mais le fils de Kreos n’oubliait pas l’essence de gens, surtout s’il en gardait un souvenir bien vivant…Une jolie. Les liens commençaient rapidement à se tisser dans l’esprit de celui qui avait pris chemin vers sa nouvelle amie. La généalogie de la mère de Furie s’étendait encore aux lieux de ses anciennes allégeances. N’était-ce que chimères et le sorcier se trompait complètement dans son hypothèse plutôt convaincante? Il ne pouvait s’agir d’une simple coïncidence : la lignée dans laquelle se trouvait la Douce portait écho sur les terres d’Enkidiev. Nombreuses devaient être les questions que portaient en elle l’héritière d’une tierce branche de la dynastie. Devait-il lui annoncer qu’il en savait peut-être chaque réponse ou du moins, qu’il n’était pas ardu de les trouver pour lui? Probablement que cette nouvelle troublerait le potentiel chemin que cette demoiselle pourrait emprunter. Cette influence pourrait être nocive, peut-être qu’écarter cette option était plus sage. Par contre, il lui serait peut-être possible de l’aider, de la soutenir dans son périple, pour elle, mais aussi pour honorer la mémoire de son ancêtre, celle qui avait laissé un trou béant dans les cœurs de Furie et de son père, Zekhen. Le jeu en valait la chandelle.

Dame lune avait posé son voile noir et le linceul tamisé du soleil offrait en spectacle de subtiles reflets sur la perle du ruisseau. De nature admirative pour ces merveilles de la nature, Zelane n’y porta aucune attention, émettant quelques vagues à son passage. Les terres de Pierre ne se trouvaient plus très loin mais une lumière de inconnue vint alarmer les sens de l’occultiste. Des discussions se perdaient au loin et le jeune homme ne réussit guère à capter les propos qui s’échangeaient. Étaient-ils à sa recherche? Après tout, l’inconnu qui était venu les avertir plus tôt n’avait fait que la moitié de son devoir. La tâche venait peut-être de se compléter? Le renégat de circonstances reconnue rapidement la voix de celui qui l’avait interrogé plus tôt et dans un silence et une agilité qu’on ne lui connaissait guère, il s’approcha du regroupement. Subconsciemment, il avait senti l’essence d’Iphigénie à proximité, mais il n’avait toujours pas sondé les lieux afin de confirmer ses hypothèses. En fait, il n’eut point à s’exécuter : la voix affirmative de la jeune femme menée par sa témérité confirma sa présence auprès de ces êtres qui n’entendaient pas à rire. L’occultiste tourna le pas, ne pouvant prendre le risque qu’elle révèle sa position à ses détracteurs. Zelane se déplaça de buisson en buisson jusqu’à ce que le cri de la demoiselle vienne briser le soir; l’instinct du mage reprit le dessus et sans même y penser, il revint sur ses pas, précipité par le sentiment du devoir.

D’une brèche faite dans un muretin qui se trouvait à vingt pas de son comité d’accueil, le sorcier d’Esprit réussit à obtenir un visuel sur la situation, comprenant ainsi l’agissement d’Iphigénie. Un mal léché l’avait empoignée avec vigueur, désireux de connaître la nature de sa visite sur les terres de son compagnon. « Tais-toi idiote, il serait dommage d’abîmer ton visage si jeune. » Les poings du frêle adulte se serrèrent sous la menace qui planait sur la gamine. Le temps manquait pour agir en toute subtilité : la première action de Zelane fut de propulser les torches au loin, à l’aide de son influence sur les champs magnétiques, pour que les flammes se meurent et qu’elles laissent la noirceur prendre les commandes. Chaque homme plissa les yeux et tenta de trouver le responsable de cette sorcellerie ou enfin, d’un félon qui aurait usé de projectiles pour les « désarmer ». Le stratagème sembla fonctionner mais avant qu’elle ne puisse, agir, la rouquine fut retenue par celui qui avait tenu des propos trop violents envers elle. « Allons, sors de ta cachette étranger… Tu ne voudrais tout de même pas qu’un accident lui arrive? » Lame à la main, l’occultiste fut tenter d’envoyer son arme transpercer le crâne de cet idiot, mais il n’était pas un assassin. Il ne sombrerait pas sous le courroux et garderait une bienveillance qui lui fournissait toute sagesse. Confiant qu’il pouvait régler la situation en usant simplement de son intellect, il rangea la lame dans son sac.

Sans tarder, il sortit de sa tanière, capuche couvrant son visage. On lui commanda de se présenter, l’informant qu’aucun moine n’avait été identifié dans les alentours. Évidemment, s’il montrait son visage ces pauvres diables sauraient tout de suite qu’il était un être magique et ils se douteraient bien que sa provenance était obscure. Zelane n’obtempéra point et sous la colère, le plus imposant des neuf bouscula la rouquine. Alors, le mage commença à avancer devant les paysans qui levaient tridents et machettes. Il ne fut qu’à deux mètres du premier de ligne avant que ceux-ci ne décident d’attaquer : à cet instant, le sorcier n’eut qu’à envoyer leurs armes plus loin, par un simple geste de la main et avant qu’ils ne réalisent ce qui se produisait, il se mit à briller de milles feux, les aveuglant tous – d’autant plus qu’il avait pris soin d’éliminer autre source de lumière pour que leurs pupilles se dilatent -. Sachant que son temps d’opération n’était pas énorme, il fondit vers la petite et la récupéra, elle qui se trouvait sur le sol. Il la tint dans ses bras jusqu’à ce qu’ils se trouvent dans une zone sécuritaire, derrière la grange. « Je suis sincère désolé de tout ce qui se passe en ce moment. J’étais simplement venu te donner ces quelques pièces d’or, elles te permettront d’acheter le matériel dont tu as besoin. » Il sourit, même s’il savait qu’elle ne serait probablement pas d’humeur à rire. Il lui devait la vérité : « Je suis Zelane, sorcier d’Esprit. Je ne te ferai aucun mal, tu dois me croire. Je te ramènerai à ton père, quoiqu’il en soit. »

Quelques villageois se rajoutèrent au groupe qui tentait de mettre la main sur l’étranger que représentait le sorcier : ils devaient être une quinzaine. Tous se séparèrent afin de les retrouver, eux qui n’étaient qu’à quelques pas d’où s’était produite la scène des plus lumineuses. Zelane ouvrit doucement la porte de la grange et fit entrer Iphigénie avant d’y mettre le pas. Cette cachette n’était pas des plus sécuritaires… Cependant, un passage très étroit, qui servait probablement de couloir de déplacement pour les chèvres, se trouvait au fond du bâtiment. Peut-être que ce chemin menait à un endroit plus intéressant?

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MessagePosté le: 17/03/2013 19:15    Sujet du message: Rencontre d'un futur écuyer et d'un sorcier... Répondre en citant

Crier n’était pas une bonne idée. Ou il m’aurait fallu le faire en même temps que courir pour m’échapper de tous ces hommes. Ils sont plusieurs autour de moi, à regarder un peu partout, leur torche illuminant les alentours. Et au-delà d’eux, aucune âme qui vive pour m’aider à me sortir de cette fâcheuse situation. Tout d’un coup, je réalise que j’aurais peut-être dû rester avec Zelane. Après tout, la première fois que nous avons rencontré ces hommes, il a pris sur lui de nous mettre en sécurité, loin d’eux, loin des terres de Pierre. Même s’il m’a menti sur son identité, sur ce qu’il fait, je crois que je peux au moins lui faire confiance pour me protéger… Mais pour ça, il est trop tard… Enfin, je crie toujours en sachant que cela ne me sauvera pas. Et alors que je reprends mon souffle, bien décidée cette fois à courir, je sens la main d’un de ces hommes m’agripper fortement. Il me fait mal. Tellement mal. Je crie « Lâchez-moi. », et je crie encore, espérant qu’il prendra peur et qu’il me lâchera… Au lieu de quoi, c’est à lui de crier, à lui de me faire peur. Et moi, j’arrête de crier. Je me tais. Parce que sa réponse me fait peur. Et parce que je sais qu’il pourrait le faire, qu’il pourrait abîmer mon si joli visage

Et aussitôt que je me tais, toutes les torches s’envolent, nous laissant dans le noir. Il me faut d’ailleurs un moment pour m’habituer à la clarté des étoiles et de l’astre lunaire. Les hommes sont toujours là, certains paniqués, d’autres attendant impatiemment de savoir qui a osé les attaquer ainsi. Pour ma part, je ne me pose pas trop de question. Mon agresseur me tient toujours par l’épaule, fortement. Mais il a peur, lui aussi. Sa poigne est moins forte sur moi. Alors, je me donne un élan pour lui donner un coup de talon. Mes petites bottines ne lui font pas vraiment mal, mais le surprennent assez pour qu’il me laisse partir. Je n’ai pas le temps de le contourner qu’il me rattrape pour m’emprisonner à nouveau, plus fortement encore. Un cri m’échappe, parce qu’il me fait mal. Et il crie à l’ennemi tapi dans le noir : « Allons, sors de ta cachette étranger… Tu ne voudrais tout de même pas qu’un accident lui arrive? » Et là, sous ma gorge, il y a une lame, un métal froid, acéré, qui menace de me trancher, de me découper. Il me tient toujours, près de lui, et l’une de ses mains agrippe maintenant mes cheveux pour tirer ma tête en arrière.

L’un des hommes commanda alors à l’étranger de se montrer, et ce dernier sortit des ténèbres pour avancer. Une capuche couvrait ses traits, gardant secrète son identité. Je reconnus immédiatement Zelane, et je repris alors un peu espoir. Si quelqu’un pouvait me sortir de cette situation fâcheuse, c’était bien lui. Un autre lui demande de s’identifier, sachant qu’aucun moine n’avait été vu dans la région. À ce moment-là, celui qui me tenait me bouscula pour s’avancer vers Zelane, me projetant dans les mains d’un de ses comparses. Zelane se mit à avancer, lui aussi, pour aller à leur rencontre. Et quand les paysans levèrent leurs fourches et leurs armes, l’être magique n’eut qu’à faire un signe de la main pour les envoyer valser, laissant les paysans désarmés. Et la seconde d’après, une lumière aveuglante éclairait l’endroit. Je dus fermer les yeux, mais je compris alors que c’était la même lumière que la dernière fois, près de la falaise. Je donnai un coup de talon dans les tibias de mon agresseur pour courir directement vers la lumière. La lumière, c’était Zelane. C’était un point central, un élément magnétique, une chance de pouvoir me sauver. Après tout, s’il était sur les terres de Pierre en ce moment, c’était pour moi. De ça, je n’en doutais même pas. Mais avant même que je ne puisse le rejoindre, il était là. Il me prit dans ses bras pour m’emmener plus loin, pour me protéger. Il nous ramena jusqu’à une zone sécuritaire, l’arrière d’un grand bâtiment qui sentait le fumier. Probablement une grange. Pour ma part, je me contentai de faciliter nos mouvements en m’accrochant à lui. Là, il me lâcha. Je repris pied, je repris mon équilibre alors que Zelane se mit à me parler rapidement, me disant qu’il était simplement revenu pour me donner les pièces qui me permettraient d’acheter mon équipement. Sur le coup, je n’enregistre même pas ce qu’il me dit. Ce n’est qu’une suite ininterrompue de sons que mon esprit n’arrive pas à analyser. Au lieu de quoi, je regarde quelques secondes ses lèvres sans bouger, puis je me jette à son cou. Je le serre très fort, aussi fort que possible contre moi. Je me sens trembler, comme si je réagissais à tout cela après coup, comme si mon corps venait d’enregistrer tout ce qui vient de se passer. Les yeux fermés, je murmure un simple « merci », et j’y crois. C’est vrai. Sans lui, je ne sais pas ce qui serait arrivé, et je ne veux vraiment pas le savoir.

Et j’apprends qu’il est sorcier d’Esprits, et qu’il me ramènera à mon père. Je desserre mon étreinte, me recule, l’observe. « Ces paysans, ils sont des Enkievs. Et pourtant, ils sont méchants. » En quoi est-ce important qu’il soit le sorcier d’Esprits? Il sait depuis le départ que je suis une Enkiev, que je suis une ennemie, et ça ne l’a pas empêché de me montrer à escalader la falaise. Ça ne l’a pas empêché de m’offrir de son pain, de me permettre de caresser son chat, de me protéger quand on a vu ces hommes pour la première fois. Qu’il soit un ennemi, sur le coup, je n’en ai rien à faire. Tant qu’on s’en sort vivant. Au loin me parviennent les voix des hommes. De nouveaux paysans les ont rejoints, et ils organisent une battue pour nous retrouver, maintenant. Zelane ouvre doucement la porte de la grange et j’y pénètre la première. Il fait noir. Je l’entends refermer la porte derrière moi, mais juste avant, j’ai le temps de voir un couloir, petit, probablement où se déplacent les animaux. Une main sur le mur, je suis l’étroit chemin comme je le devine.

Tout d’un coup, mes doigts accrochent un morceau de bois, une échelle. Qu’est-ce qu’il y a en haut d’une grange? Un deuxième plancher, souvent de la paille, parfois des outils. Des outils. Des armes. Ça peut en valoir la peine, surtout si on doit faire face au groupe armé. Souvent, il y a un système de poulies également, et une porte ou une fenêtre. Il ne doit pas y avoir des arbres à proximité par exemple, mais s’ils entrent par l’avant ou par l’arrière, ça nous laisse une chance de nous en sortir. Ou alors, Zelane devra utiliser sa magie. La mienne ne nous servirait à rien, si tant est que je pouvais l’utiliser. Sans demander l’avis du sorcier, je me mets à grimper. Qu’il reste en bas ou non, je n’en ai rien à faire… Hey! Mais il doit bien avoir son ensemble pour faire de l’escalade, non? Ça aussi, ça peut servir d’armes. Arrivée au deuxième étage, je me mets à tâtonner le sol à portée de main. Je grimpe, à quatre pattes, pour partir en mission exploratoire. « Il nous faut juste quelque chose pour se défendre. J’ai juste besoin de quelque chose… », que je murmure dans le noir, le plus bas possible. Pas besoin de donner notre emplacement, non plus. La paille pique sous mes paumes. Je continue mon exploration jusqu’à rencontrer un mur. Je m’y appuie pour me relever. Je tâtonne encore, fais le tour. Il faut que je fasse attention pour ne pas tomber, non plus. Et soudain, j’agrippe un manche qui tombe par terre, sur le sol. Avec la paille, le bruit est moindre, mais quand même… Au moment où je me retourne, espérant pouvoir aviser Zelane que j’ai au moins une arme, j’entends la porte d’avant s’ouvrir. Mon arme empoignée fermement, je me recule dans l’ombre en me demandant, tout d’un coup, quoi faire. Et j’entends la voix d’un homme… « Allez, on sait que vous êtes là. » J’aperçois un halo de lumière. Ils ont retrouvé des torches. J’espère juste que Zelane a eu le temps de se dissimuler. J’entends les hommes marcher. Je retiens ma respiration. Ils sont deux ou trois. L’un d’eux remarquera l’échelle et viendra voir. Je ferme les yeux, tiens mon arme avec encore plus de force et me recule contre le mur. La paille… Je dois me cacher dans la paille. Ou derrière. Je tâtonne encore l’espace, me réfugie derrière un ballot. Il y a une couverture aussi, si je me fie à la texture. Elle est différente. Peut-être que quelqu’un vient dormir ici, parfois. Je la mets près de moi, sans me cacher dessous. Ça ferait suspect. Et il ne me reste qu’à prier Parandar et tous les dieux pour que je m’en sorte vivant. Et que Zelane s’en sorte vivant aussi…

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MessagePosté le: 21/03/2013 16:34    Sujet du message: Rencontre d'un futur écuyer et d'un sorcier... Répondre en citant

La peur s’était lue sur les figures des paysans : un être magique dont la nature n’était guère indentifiable s’était présenté sur leurs sols. Leur vulnérabilité s’était dévoilée devant l’ennemi qu’était le sorcier d’Esprit; celui-ci n’avait donc guère hésité à prendre l’avantage dans cette situation plutôt problématique. Par contre, malgré la lumière, malgré la fuite, ces gens du village finiraient bientôt par les retrouver. L’intention était de se dissimuler temporairement et en cas d’ultimatum, de trouver une façon de s’échapper pour la petite, quitte à être livré à lui-même et à devoir faire usage de la force, de quelque source qu’elle soit. Après tout, le danger ne le guettait point, mais le désir meurtrier ne l’habitait point… Une solution pacifique demeurait optimiste, cependant loin d’être impossible. Dans cette optique, il approuva la décision de la gamine de grimper sur l’échelle. À cet endroit, au moins, elle était pourvue d’une sécurité satisfaisante. Le plan n’était pas de l’abandonner en éloignant leurs assaillants mais si besoin était, Zelane pourrait toujours lui laisser la voie sauve. Quant à lui, il parcourue les quelques détours qu’offrait la bâtisse. Les secrets qui s’y renfermaient étaient humbles : quelques bottes de foin afin de nourrir le bétail, des instruments d’élevage bovin typiques ainsi qu’un accès direct au poulailler. Victime du temps dont il ne disposait guère, le frêle mage décida de se dissimuler derrière le fourrage, convié au silence pour les prochains instants.

De ce fait entrèrent quelques uns des indésirables, irrités par les manières du sorcier d’Esprit et surtout désireux de voir la menace disparaître. Leur ignorance les avaient mené jusqu’à cet endroit et bien qu’ils ne deviendraient point fatales victimes de leur témérité, ces audacieux paysans nichaient le jeune héritier du déchu immortel dans un dilemme : il aurait probablement à se défendre, mais s’il en venait à devoir user de force, de quel droit le ferait-il ? Après tout, il était celui qui était venu sur les terres de l’autre, sachant pertinemment qu’il y aurait peut-être des conséquences à son acte. Seulement, Zelane tenait sous sa garde une enfant qui elle ne méritait ni souffrance ni réprimande, elle qui n’était qu’une victime du mensonge de l’intrus en ces lieux. Iphigénie était donc devenue la priorité inconditionnelle de l’occultiste pour le moment. La lumière pénétra graduellement la grange qui faisait office de tanière aux deux opprimés : on entendit la voix de l’un clamant qu’ils savaient qu’ils étaient ici. L’angoisse s’infiltra dans l’être du sorcier, lui qui ne bénéficiait guère d’un visuel sur la petite. Les murmures se dissipaient, faisant comprendre rapidement à Zelane qu’ils se dirigeaient vers là où était perchée Iphigénie. Malheureusement, un égaré se fit entendre à quelques pas seulement de sa position ; il dut donc rester et attendre que celui-ci se fatigue de chercher aux alentours. Ce dernier passa bien prêt de repérer l’insurgé mais l’ombre que créait la balle de foin grâce au lampion le tapissait. Sa vérification fut lasse et on lui reprocherait sûrement puisqu’en un souffle il avait disparu de l’autre côté.

Les conversations se tamisaient comme la luminosité de la pièce mais en prêtant une oreille attentive Zelane fut en mesure de recueillir quelques propos : « Aller, va voir en haut. Si tu les vois, descends. On va faire flamber la grange. Il faut les brûler pour qu’ils meurent, ces êtres-là… ». Jamais le sorcier n’avait entendu de pareilles rumeurs au sujet des races de l’Empire, ou était-ce peut-être des jeteurs de sorts dont il faisait état ? Dans les deux cas, cela n’avait aucun sens pour le jeune homme, lui qui n’avait jamais réellement traversé de l’autre côté du continent avant. Peut-être pourrait-il profiter de cette réputation qu’on lui attribuait ? À cet instant, il était impossible pour lui de répondre à cette question. Ce qu’il savait, c’est qu’il devait intervenir avant que l’un des villageois s’en prenne à sa jeune amie. Une analyse rapide des lieux lui permit de comprendre qu’il était possible d’accéder à l’échelle de l’autre côté, ce qui pourrait bien être la seule chance pour Zelane d’éloigner le danger. Le maladroit fils de noblesse se leva et se dirigea très lentement vers l’échelle, sachant qu’il prendrait moins de temps que son rival pour arriver, lui qui n’avait pas réalisé que le chemin étroit qu’il empruntait n’était guère le seul disponible. Une fois à deux pas de l’échelle, l’ensorceleur fut en mesure d’apercevoir celui à qu’il ferait face quelques secondes plus tard : il avançait, péniblement, le dos courbé, de sorte qu’il ne pouvait voir le fils de Tymora devant lui. Bien évidemment, ce dernier ne disposerait que de quelques secondes pour agir, lui arrachant l’option de grimper pour aller rejoindre Iphigénie. Non, il devrait trouver une autre alternative qui ne ferait pas non plus couler le sang. Devant cette triste conclusion, il décida d’agir : quelques coups de pied rapidement placés sur une marche à une certaine hauteur, puis à une autre et l’échelle fut bientôt détruite ou du moins, impossible à utiliser.

La situation s’était enflammée car en quelques élans, Zelane venait de faire assez de bruit pour que tous connaissent sa situation géographique. Il n’en demanda pas plus pour prendre la fuite vers le poulailler en s’assurant de jeter bon nombre d’instruments agricoles derrière lui grâce à son don d’influence sur les champs magnétiques. Le caquètement des poules s’intensifia dès son entrée : la traçabilité de l’importun qu’il était se faisait aisément et viendrait un temps où, s’il continuait à émettre autant de bruit, il se ferait prendre. Il joua de chance car à l’extérieur, les derniers paysans responsables de le trouver n’avaient pas eut le temps de se mobiliser et d’encercler la grange. Coursant pour sa liberté, le sorcier d’Esprit fut en mesure de rejoindre le champ de blé le plus près afin d’entrer en communication avec Iphigénie : [b][Iphigénie]**Je vais tenter de les éloigner de la grange, fais-toi discrète et sors lorsque tu te sentiras en sécurité. ** Ne désirant pas s’enliser davantage dans la bruyante situation qu’il avait vécue auparavant, Zelane opta pour l’utilisation du contrôle qu’il possédait sur le métal : des claquements à l’Ouest, des claquements au Nord… Les villageois, bien que dupes, apprenaient plus rapidement que cela ; ils s’approchaient, lentement, contraints à vérifier chaque recoin mais ils finiraient probablement par le trouver.

La grange semblait dégagée de toute menace, mise appart l’homme qui s’était trouvé à une proximité inquiétante de Zelane. Il l’avait vu faire, il l’avait vu briser cette échelle et à cet instant, il cherchait à savoir pourquoi.

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MessagePosté le: 22/03/2013 00:07    Sujet du message: Rencontre d'un futur écuyer et d'un sorcier... Répondre en citant

Cachée derrière ma botte de foin, mon arme de fortune à la main, j’essaie de respirer le moins fort possible. À un moment, je suis tellement sûre qu’ils m’entendent, qu’ils savent exactement où je suis que je mets ma main devant ma bouche, me mordant pour empêcher mon souffle de leur révéler ma position. Tout ce que j’entends, c’est leur pas lourd sur le plancher de l’étable. Et j’imagine… Et c’est sans doute cela, le pire. J’imagine. Quand j’en entends un parler de venir explorer le deuxième étage, j’essaie de me faire plus petite. Quand j’en entends un dire qu’il va tout brûler, je me retiens de pleurer. Comment des gens d’Enkidiev, des gens qui font partie du bon continent, peuvent-ils être aussi méchants? Ils n’ont même pas pris la peine de vérifier qui nous sommes. Ils n’ont même pas pris la peine de vérifier que j’étais dans leur camp, apparemment. Ils n’ont pas pris la peine de me mettre en sécurité. Non, tout de suite, ils m’ont accusée. Est-ce ça, les gentils dont on parle? Les chevaliers sont-ils ainsi? J’ose espérer que non. Sinon, mon arrière-grand-père en mourrait de chagrin, j’en suis certaine.

Je retiens mon souffle, me recule un peu plus, attendant le moment fatidique où une ombre victorieuse se dressera au-dessus de ma silhouette recroquevillée au possible pour me prendre par le cou et m’amener au milieu d’un cercle d’hommes vengeurs. Vont-ils préférés m’embrocher? Me découper? Me brûler, comme ils en ont présentement l’intention? Je n’ai pas le temps de m’intéresser particulièrement à cette épineuse et stressante question qu’un bruit d’enfer semble me parvenir. Le bois craque, se déchire. Font-ils un tas pour mieux brûler la bâtisse? La paille devrait pourtant suffire, non? Et après le bois, des bruits d’objets métalliques tombant par terre me parviennent aux oreilles. Mais que se passe-t-il? Curieuse de nature, j’ai presque envie de sortir de ma cachette pour aller voir ce qui se passe, mais le sérieux de la situation me retient. S’il y a bien un moment où je dois m’abstenir d’être curieuse, c’est là. Et je le fais très bien, pour une fois. La voix d’un des hommes me renseigne sur la situation. « Il prend la fuite. Retrouvez-le bordel. » Zelane. Il est parti. Il s’est enfui. Et moi, je suis encore en haut. C’est donc ça, me protéger? Me ramener à l’auberge, auprès de mon père? Quel désespoir. Si plusieurs hommes sont partis à sa suite, d’autres sont restés. C’est certain. Pourquoi? Parce qu’ils savent qu’il y avait une gamine d’impliquée dans cette situation. Et la gamine va devoir réfléchir à un moyen de se sortir seule de ce merdier. Grand-mère ne serait pas contente de savoir quel mot j’utilise en pensée…

Mes doigts s’agrippent plus fermement au manche de mon arme alors que j’essaie de me relever aussi doucement et silencieusement que possible. Ce que je réussis tant bien que mal. Je reste collée au mur, pour ne pas être à la vue de ces hommes barbares qui veulent nous tuer pour une raison que j’ignore. Mes yeux se sont maintenant habitués à l’obscurité. Et avec le halo des torches, j’arrive à distinguer les formes. Le cadre d’une porte est visible un peu plus loin, mais il s’agit de cette grande porte qui mène directement à l’extérieur. Il me faudrait descendre d’une corde. Et ne serait-ce que l’ouvrir manquerait de subtilité. On finirait par me voir avant même que je ne puisse me sauver. Hum? J’entends soudain la voix de Zelane dans ma tête. Sors quand tu te sentiras en sécurité. Ok, c’est bien beau, mais je fais comment pour savoir s’ils ont marché dans son piège? Ils ne peuvent pas tous être cons, non? Je rase le mur pour me rapprocher de la limite. Je tends le cou. M… Je reviens subitement à ma position d’origine. Il y a un homme, toujours au bas de l’échelle. Il y en a au moins un qui aura eu la logique d’esprit, malheureusement pour moi, de se demander pourquoi quelqu’un irait détruire une échelle. Il lui fallait une raison et lui, il la cherche. Je retente un coup d’œil. Mais qu’est-ce qu’il fait? Il tasse des balles de foin. Il les empile. Je me recroqueville à nouveau. Il va monter. Et qu’est-ce que je peux faire? J’ai une arme, mais tuer quelqu’un? Le blesser? Ça me fait peur, tout à coup. Je regarde encore une fois vers la grande porte que je devine, de l’autre côté. Logiquement, je devrais me sauver de ce côté-là. Logiquement. Tout le monde le penserait. Je garde ma fourche et je marche aussi rapidement et silencieusement que possible vers cette porte. Pour parvenir à mes fins, je n’ai pas le choix. Je dépose ma fourche par terre. Il y a un battant de bois que je dois soulever. De mes maigres forces, probablement décuplées par l’urgence de la situation, je réussis à le soulever. Et je l’envoie par terre, ce qui fait un bruit terrible.

En bas, le gars vient de comprendre que je suis là. « Hey toi, bouge pas. On te fera pas de mal. » Difficile à croire après tout le mal qu’il se donne pour me rejoindre et après les charmantes menaces de ses comparses. Enfin, il s’agite, en bas. Il va monter avec des balles de foin. Incroyable, mais vrai… Pas le temps de m’arrêter. Je pousse sur la porte pour l’ouvrir en grand. Et je lance la corde dans le vide. Je regarde dehors. Logiquement. Ma fourche est par terre. Je la prends, j’hésite un moment.


***


Les balles de foin ne seront jamais assez solides pour me permettre de rejoindre la gamine cachée en haut. Elle doit être effrayée, cachée dans un coin, comme une souris qui sait que le chat va la manger. Mais je dois garder en tête qu’elle est l’œuvre du démon. Elle est l’alliée du sorcier, le mal incarné. Les cheveux roux n’en sont que le signe extérieur. Bam. Qu’est-ce que c’est? Elle. Elle a bougé. Le désespoir l’a fait sortir de sa léthargie. Elle essaiera sans doute de s’enfuir. Tout ce que je sais, c’est que je dois me dépêcher avant qu’elle ne disparaisse. Les autres me feront la peau si je la laisse partir ainsi. Je me dépêche de grimper. J’essaie de la rassurer. Les gamins, ça ne leur prend pas grand-chose. « Hey toi, bouge pas. On te fera pas de mal. » J’entends la porte qui grince, signe qu’elle passera par la grande porte, qu’elle descendra grâce à une corde. Je me dépêche. Je sens le foin se balancer sous mes pieds, mais je réussis de justesse à atteindre ce deuxième étage. Je vois la nuit par la porte grande ouverte. La corde est dans le vide. Elle a déjà filé. Je parcours au pas de course les quelques mètres qui me séparent de cette ouverture béate. Je m’accroche au montant, essaie de voir plus loin. Elle n’aurait pas eu le temps de disparaître sous le couvert des arbres, quand même. Je me retourne, quand je reçois un coup, dans l’estomac. Ma main tente de s’accrocher au montant, mais je tombe déjà dans le vide. La chute aurait pu être longue, si longue…

Du haut du deuxième étage de la grange, une jeune fille de 10 ans venait de perdre son innocence.

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MessagePosté le: 22/03/2013 15:59    Sujet du message: Rencontre d'un futur écuyer et d'un sorcier... Répondre en citant

Le souffle du Nord fouettait le blé, laissant en musique cette sonorité qui n’était pas sans rappeler le sifflement du serpent. Cette nuit lourde, cette nuit dense, n’avait rien de ce qu’avait pu espérer Zelane, lui qui se trouvait à une distance inconfortable de celle qu’il s’était promis de protéger. Camouflé dans les longues tiges, le sorcier d’Esprit lui envoya d’humbles vagues d’apaisement, sachant qu’il n’y avait rien de facile dans cette condition. L’amour de son prochain avait mené le pauvre diable à se séparer d’elle, non-désireux d’affronter ces villageois qui semblaient tenir l’héritage de leurs ancêtres barbares beaucoup trop au sérieux. Leurs manières à son égard se légitimaient, entendu qu’il fusse l’ennemi de la paix sur Enkidiev ; seulement, leurs dispositions n’avaient pas différé lors de leur rencontre avec la petite, ce qui lui faisait évidemment reconsidérer son Modus operandi, n’éprouvant plus que de la pitié pour ces êtres ignares, mais de la colère. D’expérience, Zelane savait qu’une telle haine le consumait rapidement : il avait hérité des flammes passionnelles de sa mère. Partie alors qu’il n’était qu’un bambin, elle n’avait tout de même pas manquée à imprégner sa nature-même. Des années à lutter contre ce courroux, celui que lui inspirait l’Homme, mais toujours cette rage l’infligeait, car si l’âge nous apprenait les notions du pardon, il nous apportait aussi le savoir sur la nature humaine…

Une goutte de sueur perla sur son front : les battements de son cœur reflétaient précisément la crainte qu’il ressentait à cet instant. Un homme passa tout prêt, à deux mètres peut-être, scrutant l’horizon afin de repérer la démoniaque entité qu’il semblait personnifier. L’air que déplaça le traqueur vint déplacer la chevelure de Zelane, tant ils étaient à proximité l’un de l’autre. Le mage se reteint de toute respiration et attendit qu’il soit à une distance respectable pour se déplacer en s’assurant de longer l’orée du champ afin d’être disposé à retraverser la route de pierre. Plusieurs des volontaires se trouvaient déjà de son côté de la terre, ce qui facilitait grandement le travail. Cependant, les quelques uns qui restaient traçaient un périmètre autour des bâtiments du secteur, question d’être bien certains que le monstrueux jeune pianiste ne fasse de mal à personne. La peur dirigeait ce regroupement et la certitude d’avoir pris la bonne décision les tenait soudés ; même si Zelane souhaitait une résolution dans la sérénité, il savait cette idée plutôt saugrenue. L’attente de l’angle-mort fut brève puisque la séquence de surveillance n’était pas coordonnée : par réflexe d’abord et par compréhension ensuite, l’occultiste prit la course pour se rendre tout prêt de l’écurie. De là, il pourrait créer la diversion qui lui servirait à rejoindre Iphigénie. Sans tarder, il créa un champ magnétique qui se saisit des quelques objets de métal aux alentours et dans un son clinquant, réveilla tous les chevaux présents à cet endroits. Les bruits des sabots qui retombaient sur le sol ainsi que leurs hennissements couvriraient suffisamment les pas du mage. Longeant l’un des murs, il fit la rencontre de celui qui avait alerté de reste de la bande et avant qu’il ne puisse crier, Zelane lui envoya un crochet sur la mâchoire. Assommé, il ne fut pas en mesure de parer l’autre offensive qui le fit crouler sur le sol. Ce fut la première fois que le fils de Kreos utilisa ses attributs physiques pour éliminer une menace. Son poing le faisait souffrir mais l’effort en avait valu la peine : il put aisément se rendre à proximité de la grange.

Son cœur cessa de battre pour un instant : la porte du grenier était ouverte, ce qui voulait dire que quelqu’un avait interagi avec son mécanisme. Le frêle sorcier ne sut pas comment réagir, mais surtout il ne sut pas quoi souhaiter : si c’était elle, cela voulait dire qu’elle avait eut besoin de s’évader et que le danger la guettait davantage à l’instant où il poussait sa réflexion. S’il s’agissait d’un assaillant, c’est qu’il s’était rendu là-haut… Sa prochaine destination serait donc le deuxième étage de la grange, afin d’élucider ce mystère. Au moins, elle était toujours vivante ; Zelane percevait son essence à proximité. Après une analyse plus profonde de cette impression, il fut surpris d’apprendre qu’elle se trouvait encore là-haut. Il porta donc un regard attentif et son cœur se déchira lorsqu’il aperçue la silhouette de l’homme qu’il n’avait pas fauché : aurait-il dû alors l’exécuter sur-le-champ ? L’inconscience de cette brute le mènerait-il à ravir l’existence de la jeune Iphigénie ? L’occultiste ne pouvait s’imaginer pire scénario : en si peu de temps elle était devenue pour lui comme une étoile, elle lui rappelait cette rencontre avec le mystérieux moine. Elle portait en elle l’héritage que partageait Furie et ils s’étaient rencontrés… Zelane avança, portant de moins en moins attention à son environnement, au danger qui le guettait toujours, afin de porter secours à celle qu’il avait placé dans une fâcheuse position. À quinze mètres de la grande, il vit la scène se produire, tel qu’il l’avait vécu, tel qu’il le vivait par le lien empathique qu’il avait rapidement développé avec la gamine. La dent d’acier se planta, transperçant le corps du malandrin mais l’âme de la responsable. Il se vit alors, à douze ans, le corps de l’agresseur sur le sol, inerte. Furie tentant de le raisonner et lui, qui faute de pouvoir se dire qu’il s’agissait de la bonne solution, se laissait tirer vers les enfers par la culpabilité qu’il éprouvait. Une aventure sans malice qui s’était soldée par la mort d’un malfrat. À ses douze ans, il n’avait pu que s’évanouir, à bout de forces car pour ce fut la première fois qu’il eut à utiliser ses compétences occultes. Cette fois, il souffrit pour Iphigénie, plus qu’il ne l’avait fait. Plus qu’il ne pouvait le faire. Sa raison sembla disparaître car il courue vers la corde et grimpa, ne calculant point la menace qui planait toujours. Il arriva en haut et avant qu’il ne puisse l’étreindre pour que le monde ne puisse plus lui porter préjudice, une flèche vint l’atteindre au niveau de l’omoplate. La douleur lui fit plier l’échine, mais il continua son chemin, posant genoux au sol afin de la prendre dans ses bras.

Une liaison occulte, filet de lumière mauve, partit de l’âme de Zelane pour rejoindre celle de la jeune demoiselle. Elle servait à apaiser la douleur ou du moins, le trouble que pouvait ressentir la petite Iphigénie à cet instant. L’enfance était si douce, si belle. Il ne fallait pas qu’elle termine pour elle à cet instant, non pas en totalité. Elle en aurait besoin toute sa vie durant. La lumière de son œil déjà blanc illuminait davantage, car la souffrance était grande, même pour lui qui ne la recevait qu’en partie. Le sang coulait sur ses habits de voyageur mais il avait d’autres blessures à panser et elles nécessitaient toute son énergie. [Iphigénie]**Je suis désolé, Iphigénie. Je n’aurais jamais dû t’impliquer dans une situation pareille, et te laisse seule… Mais je tiendrai promesse, et sache que je serai là.** Il défit son étreinte car malgré toute sa volonté, le sang ne cesserait de couler et s’il voulait user de ses talents de thaumaturge, il devait retirer la flèche. Prenant sa manche pour la mordre, il se servit de l’autre bras pour l’extraction, laissant échapper un grognement de douleur alors que sa chair s’entaillait. Tout de suite, le sorcier déchira un bout de sa cape pour faire cesser l’hémorragie tout en usant de ses sorts pour que la plaie se referme, très lentement. Puis, une flèche enflammée.

Il fut trop tard pour tenter de l’éteindre, elle qui avait atterrit dans l’une des balles de foin. Le feu s’était déjà trop étendu et pourtant, il était impossible pour les deux fugitifs de traverser à l’endroit où pendait la corde. D’instinct, Zelane se leva et invita Iphigénie à le suivre. Ils descendirent ensemble sur les balles de foin mais les entrées étaient déjà bien gardées. Heureusement, la détresse de la situation avait procuré à l’occultiste une force nouvelle, ce qui lui permit d’utiliser les joints de métal, les outils et tout ce qu’il put trouver qui répondait à son champ magnétique pour créer un trou dans le mur de bois plutôt faible. Une course s’en suivit et le prince laissa l’enfant le guider. « Guide-nous vers une taverne ou une auberge, si tu le peux ! » Pendant ce temps, le sorcier couvrait leurs arrières en neutralisant chaque menace qu’il voyait arriver. Les quelques paysans qui se trouvaient encore dans les rues à cette heure se demandaient pourquoi il y avait tant de grabuge et criaient des injures jusqu’à ce que le groupe qui patrouillait les informait de la situation et qu’ils décident de les aider dans leur quête. La vigueur d’Iphigénie et l’instinct de survie de Zelane leur permirent de les semer un instant, jusqu’à ce que la gamine trouve enfin la destination qu’ils cherchaient avec tant d’espoir : une taverne. Ils accoururent vers l’arrière où se trouvait le propriétaire qui jetait quelques bouts de viande avariée. Celui-ci signala qu’il ne voulait pas être vu avec eux mais l’occultiste insista : « Je vous en pris, monsieur, épargnez-nous d’un injuste sort. De grâce !» Il s’en alla pour refermer la porte derrière lui mais le thaumaturge se voulue insistant. Il plaça son pied de façon à ce qu’il ne puisse pas s’exécuter et lorsque le tavernier lui brandit le poing, Zelane saisit sa main et y déposa vingt pièces d’or. Les yeux de l’homme grossirent et devinrent de la même taille que le péché qu’il commettait. Il accepta. Le mage fit signe à sa jeune amie d’entrer et tous deux se dirigèrent vers un coin de la cuisine afin de ne pas se faire repérer. La main d’Iphigénie se trouvait dans celle de son protecteur, lui qui prêtait serment à cet instant.

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MessagePosté le: 22/03/2013 23:27    Sujet du message: Rencontre d'un futur écuyer et d'un sorcier... Répondre en citant

Comment cela a-t-il pu arriver? Comment… Comment ai-je pu agir ainsi? Tout ce que je voulais, c’était me sauver. C’était lui faire croire que j’avais fui par la porte, que j’étais descendue accrochée à une corde, que j’avais trouvé refuge dans la forêt. Je voulais profiter de ce moment de distraction pour descendre en bas et longer les couloirs du bâtiment, me glisser dans l’ombre et quitter la grange en silence, sans encombre. Je regarde la fourche, dans mes mains. Le sang. Il y a du sang, tout au bout. Mes mains relâchent l’arme qui a causé la fin d’une vie. Non, pas l’arme. Moi. Qu’est-ce qui m’a pris? Je n’ai jamais voulu faire de mal. Mon regard se porte sur le corps, tout en bas, mais il ne voit rien. Je ne vois rien. Est-ce des larmes? Ai-je le droit de pleurer pour un être que j’ai tué? Ai-je le droit de pleurer pour moi? Pourquoi? Mes pensées s’embrouillent. Je perds de vue tout ce qui était alors important. J’étais poursuivie? Je le mérite, non? J’ai tué… J’ai tué…

Soudain, des bras m’enserrent. Un homme. Zelane. Mes larmes me secouent tout entier. Je tremble. J’essaie de me dégager. Je n’ai pas le droit à ça. Pourquoi me réconforter? Je n’ai rien fait de bien. J’ai tué quelqu’un. On devrait me tuer moi aussi. C’est ce qu’on réserve à ceux qui ont donné la mort. Œil pour œil, dent pour dent. Je mérite la mort. C’est pas plus compliqué. Pourtant, mes bras finissent par se lever d’eux-mêmes, pour serrer Zelane encore plus fort. C’est peut-être la dernière personne que je verrai… Papa! Papa… Est-ce que je dois le dire à papa? Est-ce qu’il m’aimera quand même? Et mon arrière-grand-père? Chlotilde a-t-elle tué des gens, elle aussi? A-t-elle joué à la faucheuse? Les gens qui l’aimaient, l’aimaient-ils encore après avoir su tout ce qu’elle avait fait? Pardonne-t-on plus facilement à une enfant? Une enfant… Je ne le suis plus maintenant, non? Une enfant n’est pas capable de tuer. Moi, j’en ai été capable.

Zelane. Ces mots sont là, dans mon esprit. Ma souffrance est-elle moindre? N’est-ce qu’une impression? Tout ce que je sais, c’est que je reprends pied dans la réalité. Zelane est là, devant moi. À genoux. Je le vois mordre sa manche et arracher de lui-même la flèche enfoncée dans son omoplate. Mes yeux s’agrandissent. Je n’ai rien vu, rien remarqué de tout cela. Le sang coule, mais Zelane reste stoïque. Il déchire sa cape, recouvre la plaie. Le sang coule, mais la plaie finit par se refermer. La magie? Peut-être. Zelane est un être de magie. Et là, une flèche, enflammée. Elle n’entaille pas Zelane, mais elle atterrit sur une botte de foin, près de nous. Avant même que nous puissions faire un pas, le feu s’est déjà étendu, nous empêchant de prendre la fuite par la corde, par la grande porte du deuxième étage. En bas, le regard inerte d’un homme n’aurait que réveillé ma culpabilité. Je mérite probablement la mort, mais l’instinct de survie est plus fort. Et il me pousse à me sauver, Zelane à mes côtés, Zelane pour me guider. Les entrées étaient surveillées. Les hommes nous guettaient. Ils avaient enflammé la bâtisse, attendant de nous attraper comme des rats. Mais Zelane, plein de ressources malgré la situation, la tension, la fatigue, parvint à faire un trou dans l’un des murs dont le bois était faible. La grande devait être plutôt vieille… Il me laissa passer devant pour que nous trouvions refuge dans la forêt tout près, me demandant de nous amener à une auberge ou une taverne. Je ne connais pas Opale. J’ignore tout. J’ai vu le paysage de jour, dans la carriole, alors que mon père nous menait à son rendez-vous. Mais là, dans le noir, dans la nuit, je n’arrive pas à m’orienter, à me souvenir où nous sommes et où nous pourrions aller. L’auberge où mon père m’attend? J’ignore où je suis. Pourtant, au vue de la situation, je ne peux que courir, qu’espérer, que continuer.

Il nous faut un moment, et sans doute beaucoup de chance, mais nous finissons par arriver à une taverne. L’arrière d’une taverne. Le propriétaire y est, lançant des morceaux de viande avariée. À notre vue, la rumeur s’étant déjà répandue, il refuse d’être vu avec nous. Pourtant, Zelane insiste. Je ne vois pas en quoi consiste leur transaction, mais l’homme finit par nous laisser entrer discrètement, et nous trouvons refuge dans la cuisine, à l’abri des regards. Une fois assis dans un coin, sagement, le visage encore barbouillé de larmes, je me rends compte que ma petite main se trouve dans celle de Zelane. Et mes doigts se resserrent automatiquement autour des siens. « Merci, » que je souffle tout bas, pour ne pas qu’on nous entende. Je tremble. Encore. Les évènements semblent se calmer, maintenant. Les hommes rôdent toujours à notre recherche, dehors, mais ici, nous sommes en sécurité, ne serait-ce que pour quelques minutes. Mes yeux se promènent un peu partout. Je regarde les casseroles, les ustensiles, le comptoir de bois, les herbes qui pendent, la marmite, le foyer. Mes yeux se plissent. Le foyer. Il s’y trouve une petite peluche, une grenouille. Un détail étrangement familier. J’adore les grenouilles, les vivantes. Je les mets dans les tiroirs de ceux que j’aime… ou pas. Mais des grenouilles en peluche… Il faut un moment à mon esprit, mais je me rappelle soudain où je l’ai vu. C’était à l’auberge que j’ai quitté ce matin même, ou hier, pour aller jouer avec des gamins. C’est l’auberge. Mon auberge. Celle que je devais rejoindre. Celle où Zelane a promis de me ramener. Je pleure encore, pour faire changements. Et sans prévenir, je me retourne pour prendre Zelane dans mes bras, pour le serrer fort fort fort. Il a tenu sa promesse. Je suis à l’auberge. Mon papa est peut-être là, à m’attendre, à se ronger les sangs en se demandant ce que j’ai pu encore faire. « Merci, Zelane. Merci, tellement. » Je ne veux pas le lâcher. Parce que si je vais rejoindre la chambre où je devrais déjà dormir, ça veut dire que j’abandonne Zelane. Et ça, je ne peux pas vraiment le faire. « Mon papa doit être en haut. Je peux aller le chercher. Il va te protéger. Surtout si il sait que tu m’as protégé. T’as rien à craindre de lui, j’te le promets, d’accord? » J’espère que Zelane me croit. J’espère encore plus que mon père fera ce que j’ai dit, qu’il aidera celui qui m’a aidé. Je dépose un baiser sur la joue de Zelane, le serre dans mes bras encore une fois. « Attends-moi. Je vais t’aider à mon tour. Promis. » J’ai les yeux plein d’espoir. Et je me sauve pour rejoindre l’étage, pour retrouver la chambre. Papa doit y être. Papa y est. Il n’y a pas d’autres choix. Je monte les marches deux par deux, je trouve la porte que j’ouvre en grand. La chandelle brûle encore, mais il n’y a pas trace de vie. Sur le lit, il y a un mot, écrit par papa, me demandant de rester ici, dans la chambre, si j’y viens. Il est parti à ma recherche. D’accord, je vais rester ici, mais je vais aller chercher Zelane avant, pour être sûre que le tavernier ne lui fasse pas de mal ou ne le dénonce pas. Il pourra se cacher avec moi dans la chambre.

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MessagePosté le: 10/12/2016 02:53    Sujet du message: Rencontre d'un futur écuyer et d'un sorcier...

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