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Combattre le feu par le feu

 
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Kreos
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MessagePosté le: 22/03/2013 15:06    Sujet du message: Combattre le feu par le feu Répondre en citant

Kreos a écrit:


Pas si loin de la cité, il y avait quelques grottes souterraines. Même plusieurs, mais personne ne les explorait vraiment. Elles étaient sous le sable, et le sable n'était pas tellement agréable à creuser. Mais l'une des dunes de sable recouvrait une immense pierre sous laquelle se trouvait l'entrée d'une grotte. Elle en fermait d'ailleurs l'accès. À l'intérieur, un immense réseau de grottes recouvertes de cristaux, un métal rare qui bloquait toute transmission magique. Si on explorait les grottes, on voyait qu'il y avait comme un hall, puis trois couloirs.

Si l'on suivait celui le plus à droite, il menait à deux alvéoles, qui elles ouvraient sur des grandes pièces recouvertes d'étagères de vivres. Des fruits surtout, et du pain. Il y avait aussi du vin, de la bière et de l'eau. Le couloir du centre menait sur une unique alvéole qui abritait une couche au sol, molle et confortable, pour le repos. Elle aussi ouvrait sur un couloir, qui lui menait à une autre alvéole, de laquelle une cavité avait été creusé à même le sol (où était-ce ainsi d'abord?) qui était remplis d'eau tiède (n'oublions pas que nous sommes au désert) mais qui devenait glaciale la nuit.

Un couloir de l'autre côté menait... à l'entrée. Car ce couloir se trouvait à être le couloir de gauche. Ces grottes tournaient sur elles-même et semblaient avoir été aménagé par un solitaire. Car parfois, Kreos venait ici, depuis son retour d'exil, pour être un peu seul avec lui-même, et pour s'entraîner. Ici, aucune magie ne pouvait agir, alors il pouvait pleinement exploiter son potentiel physique, qui avait grandement augmenté après ses vingt-et-un ans d'entraînement sur l'île solitaire. Kreos pouvait bouger la grosse pierre qui masquait son refuge, mais elle était incroyablement lourde et lui-même avait du mal à la bouger.


Tac-tac-tac-tac-tic-tac-tac-tac-tac.

Le bruit était fort. Régulier, incessant. Cela faisait plusieurs minutes qu'il s'activait. Tac, faisait le bruit. Tic, faisait-il aussi parfois. Assis sur un rocher cristallin, Kreos s'activait. À l'aide d'un marteau et d'un pic, il tapait. Encore et encore. Il taillait un gros bloc de cristaux. Il s'interrompit, quelques instants, les sens à l'affut, puis recommença. Elle dormait toujours. Il était persuadé qu'il l'entendrait lorsqu'elle se réveillerait, lorsqu'elle découvrirait qu'elle n'avait plus ses pouvoirs. Il eut un sourire moqueur, se rappelant le moment de leur rencontre.

Kreos était allé à Rubis dernièrement. Depuis longtemps déjà, il savait qu'il y avait une femme, une elfe qui vivait là-bas. Elle avait un tempérament flamboyant et un pouvoir du feu qui lui avait toujours fait penser à Tymora. Jadis, il l'évitait comme la peste, car il détestait tout autant Tymora. Mais maintenant, son deuil en poche, il cherchait à revivre ces émotions qui l'avaient tant bouleversés et, étrangement, satisfaits. Il ne cherchait pas nécessairement Tymora en elle, mais la ressemblance l'attirait sans aucun doute. Une chevelure de flammes qui cascadaient comme un volcan actif, des yeux turquoises qui lui rappelait les eaux de l'île où il avait trouvé refuge, des traits délicats qui ajoutaient une touche d'immortalité, une touche de magie. Là où les humains étaient un peu faible : la délicatesse.

Avec les bouleversements ayant eu lieu en ce monde dernièrement, il avait un peu cédé à une folie, un caprice. Tymora avait sans doute eu sa part de mauvaise influence. Son impulsion l'avait donc mener vers Rubis, pour y rencontre la magicienne, Tana-Lee. La rencontre fut brève. Il se souleva grâce à son pouvoir du vent et atterrit près d'où elle se trouvait. Ayant masquer précédemment sa présence, ce ne fut qu'une agréable surprise pour elle. Tout comme le choc l'instant d'après. Un bon coup à la base de la nuque pour lui faire perdre connaissance. Elle était instantanément tombée dans ses bras. Il l'avait récupéré et était parti sans demander son reste.

Il avait utilisé ses pouvoirs pour la garder dans un coma superficiel. Dans celui-ci, elle fit plein de rêves, qu'il lui donnait en fait avec ses pouvoirs d'illusion. Des rêves où elle était captive, des rêves où elle, contre son gré, lui servait des repas -sans poison- et faisait son lit. Des rêves où elle le servait - et elle ne savait même pas qui il était. Dans ses rêves, elle n'avait pas ses pouvoirs. Il ne parlait jamais dans ses rêves, juste toujours ce regard et ce sourire moqueur. Il était grand, il était fort. Ses vingt-et-unes dernières années à s'entraîner y avait laisser la marque. Dans ses rêves, elle l'observait toujours de bas.

Avant d'entrer dans la grotte, Kreos prit le temps de guérir ses blessures qu'il avait du lui infliger au cours du voyage - un bon choc sur la tête quand elle commençait à se réveiller et qu'elle sentait l'illusion. Il n'avait pas envie de servir de rôti. Il l'avait ensuite étendue sur une couche dans la grotte. Elle allait probablement se réveiller courbaturer malgré les soins qu'il lui avait prodigué à l'extérieur. Il ne voulait pas non plus lui donner son énergie avant d'entrer ; un plan pour qu'il se retrouve en désavantage puisqu'il y perdait lui aussi ses pouvoirs. Depuis leur retour, il était allé se rafraîchir, avait manger un morceau, puis s'était assit là. Il taillait le cristal.

Tac-tac-tac-tac-tic-tac-tac-tac-tac.

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Dernière édition par Kreos le 02/05/2013 12:45; édité 2 fois
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MessagePosté le: 22/03/2013 15:06    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: 04/04/2013 17:54    Sujet du message: Combattre le feu par le feu Répondre en citant

Tac-tac-tac-tac-tic-tac-tac-tac-tac.

Je sentais mes paupières lourdes et ne n’arrivais pas à les ouvrir. Je me sentais volumineuse, comme si chaque parcelle de mon corps était soudée au sol. Seul l’incessant 'tac-tac' me rappelait le monde extérieur. Je ne sentais rien, je n’entendais rien d’autre. J’étais dans une drôle d’apathie, je me sentais vidée de toute énergie, épuisée et vivante et confuse, tout cela à la fois. J’essayai de me rappeler les moments précédents mon sommeil, mais un drôle d’étau enserrer mon crâne et je ne voyais que des images étranges, de flash de rêves bigarrés dans laquelle il y avait toujours cet homme, aux cheveux blancs et que je n’avais jamais vu de ma vie. Des cauchemars, en fait. Lentement, je réussis à ouvrir les yeux et la clarté environnante m’aveugla un instant et je battis frénétiquement des cils, avant de m’adapter. Un gémissement de douleur m’échappa, suivit d’un juron : j’allais tuer Annabelle. Je lui interdisais toujours d’ouvrir mes rideaux quand je dormais et ses idées avaient failli me rendre non-voyante. J’avais l’impression d’avoir été dans l’ombre pendant des jours … je ne reconnaissais pas ma chambre. Je me redressai péniblement et je regardai autour de moi et je sentis la panique s’emparer de moi. J’étais dans une grotte. Une grotte, bon sang ! J’avais un excellent sens de l’orientation dans la forêt – j’étais une elfe, après tout – et c’était absolument impossible que je me sois perdue et retrouvée dans une grotte, même si j’étais complètement ivre, comme semblait vouloir l’attester le terrible mal de tête. Il y avait évidemment une autre explication, plus logique.

Je me mis sur les genoux et je m’avançai vers le mur pour en examiner la matière qui composait la surface de la grotte. Du cristal. Je le sus dès que je posais mais main sur la surface, il semblait pulser une lumière étrange – à moins que ce soit dans ma tête –. Quelque chose me disait la présence du cristal dans cette grotte était mauvaise, mais je n’arrivais pas à me rappeler précisément pourquoi, et c’était assez frustrant. Je soufflai impatiemment sur une mèche qui venait de tomber devant mon visage. Puis, je réalisai que le 'tac-tac' ne venait pas de mon imagination. Toujours agenouillée, la main sur la paroi de la grotte, je tournai la tête vers l’inconnu aux cheveux blancs – comme dans mes rêves, coïncidence troublante, il allait sans dire – et je tentai de lui parler. « Bonjour… euhm, Vous. Vous savez par où on sort d’ici ? Parce que honnêtement, je n’ai pas l’intention de rester ici plus de, disons, trois minutes quarante-deux secondes. » Je réalisai que je venais d’employer la langue elfique, qui me venait naturellement lorsque j’étais nerveuse. Je réitérai donc ma question, en Enkiev cette fois. « Je suppose que vous avez dû me trouver inconsciente quelque part et je vous remercie, maintenant, je dois aller retrouver mon fils. » Quelque chose chez cet homme me rendait mal à l’aise. Son regard, peut-être. Le fait qu’il se soit retrouvé dans mes rêves alors que je ne l’avais jamais rencontré auparavant… Mon instinct me disait que quelque chose ne fonctionnait pas, mais je ne pouvais pas mettre le doigt sur quoi. Le silence aussi, me rendait inconfortable. Peut-être qu’il ne comprenait pas l’enkiev ? Et mon empirien était assez rudimentaire… une manière polie de dire presqu’inexistant. « Rertner Sibur ? Eitros ed … grotte… etogr ? Elrap sap neib egunal Eripme … » Et le mot empire me fit sursauter. Parfois, je pouvais être très stupide : j’avais déjà entendu parler de la rumeur qui voulait qu’il existe une montagne de cristal dans le Désert. On n’avait jamais pu le prouver et c’était resté que ça, une rumeur. Mais là, ça confirmait la rumeur, et Jav me devait un mois de corvée. Mais ça voulait aussi dire que j’étais sur un territoire empirien et il était parfaitement impossible que je me sois rendu là de mon plein gré. Le cristal pouvait avait des propriétés spéciales pour les gens magiques… il… annulait leur pouvoirs ! J’eus un hoquet de surprise en regardant mes mains que je tentai d’allumer, en vain. J’essayai à nouveau, et rien, pas de lumière, pas de flammèche, rien. Juste mes mains. J’écarquillai les yeux, horrifiée. Je secouai la tête frénétiquement. « Non. C’est impossible. Non. Non ! » C’est comme si on venait de m’arracher un membre. Pourquoi m’handicaper comme ça… la personne savait visiblement ce qu’elle faisait.

Je me retournai vers l’homme aux cheveux blancs, lui trouvant un air diabolique qu’il n’avait pas avant. « Qu’est-ce que vous me voulez ? ». J'ajoutai mentalement '' espèce de salopard'', mais je crois que mes yeux qui lançaient des éclairs et mon ton tout sauf amical étaient suffisants pour faire passer le message. Et puis, j'avais eu la politesse de le vouvoyer, ce qui était déjà très bien.


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MessagePosté le: 15/04/2013 22:19    Sujet du message: Combattre le feu par le feu Répondre en citant

Kreos n'avait, certes, pas pu sentir l'approche de sa captive, mais le bruit, l'ombre au sol, c'était assez pour qu'il la voit arriver. De toute façon, il était persuadé que s'il prenait le temps d'écouter, il pourrait entendre son coeur battre. Elle lui parla. D'abord en elfique, puis en Enkiev. Il connaissait, évidemment, les deux langues. Mais il ne lui jeta qu'un bref regard pour ensuite continuer à tailler le cristal. Il n'était pas surpris qu'elle veuille partir, le contraire l'aurait d'ailleurs déçu. Elle repris la parole, sa naïveté le fit esquisser un léger sourire en coin. Elle avait un fils? Il l'ignorait, mais cela ne lui faisait pas un pli. Il ne le connaissait pas, alors il s'en fichait royalement. Il lui jeta un second regard moqueur et poursuivit son oeuvre. Sculpteur n'était pas son plus grand talent, mais tant qu'à être coupé de ses pouvoirs, autant s'occuper. Il pourrait devenir fou sinon, à tourner en rond sans rien faire et sans ses pouvoirs, qui étaient la source de son être, de son immortalité perdue.

Tana-Lee était tenace. Devant son manque évident de réponse, elle opta pour une troisième langue. Il devina que ce devait être de l'Empirien, à la base, car c'était un très mauvais niveau. Son sourire moqueur s'agrandit légèrement. Elle eut soudainement un hoquet, et il cessa son activité pour la regarder. Il vit la réalisation dans ses yeux, il vit son regard braqué sur ses mains, la panique l'envahir. Elle semblait refuser l'évidence, ce qui accroissait la satisfaction du sorcier. Elle lui fit face, et il lui sourit, moqueur, amusé par sa réaction et même satisfait. « Qu’est-ce que vous me voulez ? ». Il se leva, lentement, posant son travail là où il était assis. Il la dominait maintenant de toute sa taille, et de sa grande carrure. Malgré sa chevelure blanche, son visage était jeune, et il semblait plutôt musclé. Après tout, l'isolement sur l'île avait été un rude entraînement. « Rien. » Il répondit en Enkiev.

Il sourit. « Rien de bien précis, du moins » dit-il en elfique. Il la regarda dans les yeux et lui plaça l'index sous le menton, plantant son regard orageux dans l'iris turquoise de la magicienne. Il lui murmura, en Empirien, pour demeurer dans le thème qu'il connait toutes les langues -après tout, Kreos étant ce qu'il est, il devait lui montrer à quel point il savait de quoi il parlait. « Ne tiaf, suov em setiaf resnep à am emmef. » Il sourit. Elle s'était dégagée, évidemment. Il est vrai que Tymora était plus agressive, moins naïve. Ce très de caractère lui apparaissait maintenant très appétissant. Il croisa ses mains dans son dos et fit quelques pas dans la grotte. Il lui parla, dans la langue commune, c'est à dire l'Enkiev. « Ma femme est décédée il y a de cela une vingtaine d'année. Il n'y a pas beaucoup de femmes en ce monde qui lui arrive à la cheville. » Il se tourna vers elle. « Mais vous, vous êtes aussi puissante, sinon plus. Juste... moins agressive. Pour l'instant. » Son sourire en coin était moqueur, tout comme ses yeux.

Il y avait longtemps qu'il n'avait pas eu de divertissement, et à Jinann, la vie était banale. Le peuple souffrait de la chaleur et de l'air sèche, et la dirigeante immortelle n'était pas vraiment présente. Il avait peu à s'occuper. Il avança vers elle, lentement, tandis qu'il parlait. « Cette chevelure rousse, flamboyante... » Il captura quelques mèches qu'il laissa glisser entre ses doigts, tandis qu'elle reculait. « ... et ce feu qui brûle à l'intérieur, prêt à mordre et à s'enflammer dès la présence d'une étincelle. Ce regard... » Il capture son menton entre son pouce et son index, pour se pencher vers elle, mais elle recula rapidement, il sourit. « La même passion, la même ferveur. » Elle était acculée au mur, il s'arrêta.

Il recula de trois pas, un sourire moqueur revenu sur ses lèvres, après son air sérieux des quelques instants précédent. « Je ne voudrais pas vous inquiétez non plus. Je ne vous cacherai pas mon identité. » Il fit une révérence moqueuse et reprit la parole, le ton soudain amusé, alors qu'il était, tout du long précédemment, neutre. « Je me nomme Kreos. » Il regarda son visage, attentivement, surveillant la moindre réaction. « J'ai jadis été le mage d'Opale, ainsi que de Cristal. Mais je ne crois pas que nous nous soyons croisés. Et pourtant je vous connais de loin, il y a longtemps que je vous ai vu... » Son ton s'éteignit lentement. Son regard... C'était... il était heureux et triste à la fois. Transporté, satisfait, soulagé, et nostalgique. Tymora avait été son premier amour, son âme soeur. Il était normal qu'il se sente ainsi en regardant ces yeux, si différent et pourtant si semblables à ceux de sa bien-aimée.

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MessagePosté le: 03/05/2013 12:15    Sujet du message: Combattre le feu par le feu Répondre en citant

À genoux, je le vis s’avancer vers moi et je réalisai qu’il était bien plus grand que je ne l’avais cru. Et beaucoup moins frêle. Ce n’était pas un vieillard illuminé qui vivait dans une grotte et qui manquait de compagnie, c’était un guerrier, je le voyais dans la carrure de ses épaules et il n’était pas vieux. Mais il était certainement fou. Rien, me dit-il. En enkiev. Puis il me parla en elfique. Évidemment, il m’avait laissé massacrer sa langue alors qu’il parlait très bien la mienne.Un guerrier fou et mesquin : la chance était avec moi. Puis, il me toucha et mon cœur se mit à débattre et je n’avais qu’une seule envie et c’était fuir. Sa peau était froide, et son contact avec la mienne, qui était brûlante, m’effraya. Il ne venait pas du même monde que moi. Ses yeux qui me faisait penser à une journée sans soleil l’attestait avec autant de précision que sa peau ou que ses cheveux hors du commun. Je dégageai mon visage de son toucher dans un mouvement brusque en me retenant de faire quelque chose de stupide, comme le mordre jusqu’au sang pour avoir eu l’audace de me toucher. Mais je n’étais pas position de force, aussi enrageant que cela puisse être. J’étais prise au piège.Et sans mes pouvoirs, j’étais donc… vulnérable. Pas débile ni impotente, seulement … vulnérable. Je tremblais de colère contenue à l’idée d’écouter ses déblatérations dans une langue barbare - je crois qu’il disait que je pensais comme sa femme ou un truc du genre, mais ce n’était pas important puisque je n’allais pas rester assez longtemps pour que ses plans aient une quelconque importance à mes yeux. – en silence et sans le gifler à volé.

Plus il parlait, plus il semblait envahir mon espace, et plus j’approchai du mur. Il avait un rictus qui déformait son visage, comme si mes réactions l’amusaient, comme si j’étais une sorte d’animal exotique. Je voulais fermer les yeux et pleurer, de rage, mais mon orgueil m’en empêcha, il les prendrait pour des larmes de faiblesse. C’était d’une tristesse que ma colère soit si intiment liée à mes glandes lacrymales... Mais rage ou pas, je n’étais pas une faible timorée, j’étais la fille de Quixote, un homme courageux. J’étais la jumelle d’Elzhézhore, un Chvalier brave. J’avais été la femme de Mahr, un chef de garde téméraire et bon. Je n’étais pas une fillette effrayée par le grand méchant loup et avant de me faire avaler toute crue, j’allais lui montrer que Tana-Lee Erika Aremilla d’Elfe avait des griffes et des crocs et qu’elle savait s’en servir. « Je me nomme Kreos. » Kreos. Le nom me frappa et me poussa à me redresser de toute ma hauteur. C’était un mage tout comme moi, pas une créature mythique, un homme de chair et de sang. Nous étions égaux : S’il avait de son côté, la force physique et la connaissance du terrain, j’avais de mon côté une tête de cochon et un mauvais caractère qui ne m’avais jamais fait défaut. Mes yeux étaient à la hauteur de son menton de sorte que je dû lever la tête pour croiser son regard. Gentillesse et patience, m’exhortai-je. « Je me fiche de ce que vous êtes. Si vous avez la stupidité de poser les mains sur moi à nouveau, je vous les arrache. » persiflai-je. Gentillesse et patience ne faisaient visiblement pas de mon vocabulaire. Mais faire preuve d’agressivité ne mènerait nulle part… tant que je ne savais pas par où sortir de cette maudite grotte. Je pris une profonde respiration, tentant de me calmer. Qu’est-ce que Mahr me dirais s’il était là ? Reste en vie, aurait-il dit, avec ce froncement de sourcils qui m’indiquait qu’il était sérieux. Il fallait donc marchander avec ce dangereux sociopathe qui pouvait bien être un meurtrier et un violeur, pour ce que j’en savais.

« Monsieur Kreos. » Voilà, de la politesse, Tana-Lee. Le mot ''monsieur'' m’écorchait la bouche et devoir faire preuve de politesse envers quelqu’un qui me retenait contre mon gré dans une grotte après m’avoir assommé – les souvenirs me revenaient par flash – me faisait trembler de tout mon être. Je serrais les poings si fort que je sentais mes ongles s’enfoncer dans mes paumes. Mais je n’avais pas le choix, je devais supplier. Le mot même me donnais envie de vomir. « Je pense qu’on a commencé toute cette histoire du mauvais pied. Voilà. Je comprends, vous êtes seul depuis la mort de votre épouse, et par malheur, je lui ressemble. Mais croyez-moi, je ne suis pas votre femme ou sa réincarnation ou sa jumelle cosmique ou aucune stupidité du genre. Nous sommes très différente ! D’abord, elle vous a épousé … » Je fronçai les sourcils en réalisant que je n’aidais pas vraiment ma cause en le traitant de stupide et en insinuant que je ne l’aurais jamais épousé… Ce qui était, de toute évidence, totalement vrai : j’aimais mes hommes sains d’esprit. Mais le but de l’opération n’était pas de l’insulter mais de l’amadouer. Je pris une autre profonde respiration en faisant un pas en arrière, pour mettre le plus d’espace en lui et moi. « Je veux dire… j’ai déjà été mariée, aussi. Une fois. Et bon. Il est mort et c’était terrifiant de vivre sans lui. Mais on apprend à vivre avec et on se met à kidnapper les gens comme un psychopathe pour autant. Donc, si vous pourriez m’indiquer la sortie, que je vous laisse vivre votre deuil en paix. » Je lui fis un sourire que je voulais rassurant et sincère mais sourire avec les dents serrées n’était jamais aisé. Et je savais que me yeux me trahissaient tout le temps ; j’avais beau prétendre que j’étais calme et apaisée, mes yeux révélaient tous ce qui se passait dans ma tête : rage, impuissance, idée meurtrière (que je te l’empalerais avec son pic), haine, peur, espoir et un peu de confusion (pourquoi moi ? Parmi toutes les femmes d’Enkidiev ?!). Lentement, les yeux toujours dans les siens, je tentai, furtivement, je me rapprocher de ce que je voyais comme étant la sortie de la grotte, sinon un couloir. Je ne pouvais pas courir : il lui suffisait de tendre le bras pour m’attraper, mais si je m’éloignais suffisamment … ? Je devais le distraire. « Vous dîtes que vous avez déjà été mage d’Opale ? Vous deviez sûrement connaître mon neveu, Marek ? » Quelques mètres encore.

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MessagePosté le: 07/05/2013 21:13    Sujet du message: Combattre le feu par le feu Répondre en citant

Sa réaction faisait plaisir à voir. Les yeux de Kreos brillait de plaisir. Un petit caprice en ces jours ennuyants. Sa menace de lui arracher les mains l'amusaient particulièrement et il retint le geste de lui tendre les bras, comme pour se les faire attacher. Qui sait ce qu'elle aurait pu faire! Elle était amusante, vraiment. « Monsieur Kreos. » Les mots lui déchirèrent les tympans. Ouache, personne ne l'appelait ainsi, c'était ridicule. Elle même semblait détester l'appeler ainsi, alors pourquoi leur imposer ce supplice à tous les deux? « Je pense qu’on a commencé toute cette histoire du mauvais pied. Voilà. » Il haussa des sourcils sceptiques. Il sentait qu'elle allait lui sortir une bêtise. Et il fut amplement servit.

Elle parlait beaucoup. Il ne pouvait s'empêcher de le constater. Il s'appuya nonchalamment sur une des paroies rocheuses, écoutant son petit discours d'un air amusé. « Mais on apprend à vivre avec et on se met à kidnapper les gens comme un psychopathe pour autant. » Que... quoi?! Un psychopathe? Était-il un psychopathe? En tout cas, son sourire à elle lui donnait un air horrible. C'était pas beau du tout! Ses yeux lui signifiaient une haine véritable. Et lui qui avait voulu bien s'introduire! Elles étaient compliquées ces maudites mortelles, jamais contente. Et voilà qu'elle s'esquivait doucement vers la sortie, il était peut-être psychopathe, voir même pire, mais il n'était certainement pas dupe.

Marek? Son neveu? Ah, il l'avait tué. Sa fille aussi. Il en avait tué des gens, mais son petit doigt lui disait qu'il était mieux de ne rien dire là-dessus. Pour faciliter sa petite tentative de fuite, Kreos haussa les épaules et fit quelques pas en lui tournant le dos. Elle ne profitait pour s'Esquiver dans le couloir derrière, il fit le tour et se retrouva nez à nez avec elle, à nouveau. « Oh, vous allez quelque part? » Il secoua la tête et soupira. « Elle est par là, la sortie. » Il lui pointa l'endroit en question. Un renfoncement dans la pierre, fermé étanche. Ça ne semblait absolument pas être une sortie.

S'appuyant de côté au mur, il l'observa pensivement. « Vous avez raison, on a commencé cette histoire sur un mauvais pied. » Il observa sa réaction, puis enchaîna. « Ne m'appelez pas monsieur, et on en sera heureux tous les deux. À moins que vous désirez que je vous appelle Madame, je me contenterai de vous nommer Tana-Lee, et appelez moi Kreos, on est d'accord? » Il se laissa glisser sur le mur et allongea ses jambes au sol en portant négligemment ses mains derrière sa tête. Après un silence, il reporta son attention sur elle. « Vous voulez un livre? Sinon, on pourrait faire connaissance, tant qu'à être ici non? Vous ne croyez pas au destin? Je vous connais depuis des décennies, mais jamais vous ne m'auriez regarder, si ce n'était de cet évènement, mes méthodes sont peut-être drastiques, mais elles ont le mérite d'être efficace. » Il se tut.

Après un court silence, il déclara, en roulant des yeux. « Explorez, vous reviendrez me voir quand vous serez de meilleure humeur. » Il se leva et alla dans l'alvéole avec la couche, pour s'asseoir en tailleur dessus, poser les mains sur ses genoux, et fermer les yeux. Il laissa ses sens, physique, s'éveiller. Il n'avait pas besoin de magie pour méditer, et ne faire qu'un avec son environnement, c'était naturel chez lui. Il allait rester là, et attendre, jusqu'à ce qu'elle vienne le voir. Si elle prenait plusieurs jours, ce n'était pas un souci, il y avait de la nourriture ici, il pouvait se nettoyer dans la cavité et il pouvait dormir sur cette couche. Il avait le sommeil assez léger pour réagir si elle venait à tenter de le tuer pendant la nuit. Limite, ce serait même amusant qu'elle s’essaie.

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MessagePosté le: 12/05/2013 01:53    Sujet du message: Combattre le feu par le feu Répondre en citant

Je croyais que j’allais réussir à m’enfuir, mais lorsqu’il me tourna le dos, je sus que quelque chose ne fonctionnait pas. Je n’étais certes pas un génie mais j’étais loin d’être naïve… j’avais juste une petit côté ‘’je crois encore aux licornes’’, comme disais maman. Et là, ma licorne intérieure ne me disait rien de bien : Pourquoi me tournait-il le dos ? Considérant avec l’attention avec laquelle il me scrutait, il avait bien vu que je le haïssais et que je le voulais le clouer à un pilori, il ne pouvait pas juste me tourner le dos et me laisser partir. Il avait pris la peine de me kidnapper, par Theandras ! J’avais beau être une fervente croyante des licornes, je n’étais si stupide. Je restai donc immobile, mettant un halte à mon plan A, soit courir ma vie. Et finalement, il m’indiqua la sortie. Me yeux seulement pivotèrent et je dus faire appel à toute ma concentration pour ne pas laisser paraître la déception qui me transperça. C’était ça, la sortie ? Une roche ? Bon sang ! Ces gens de l’empire n’avaient aucun bon sens, ils n’avaient jamais entendu parler de portes ? Une roche ! Une immense roche. Mes épaules s’affaissèrent. Je devais absolument me mettre à l’élaboration du plan B… et peut-être même du plan P, parce que juste courir n’allait pas être suffisant. Et sans mes pouvoirs, l’option M (Méchoui) était temporairement indisponible.

Et lui, image même de la nonchalance, il s’appuya contre le mur. Comme si notre situation était normale, qu’il kidnappait des mages tous les jours et que rien n’était plus normal que de discuter avec eux de technicalité linguistique. Et puis visiblement, j’étais bien meilleure avec les sarcasmes que je pensais… ''On'' n’avait pas commencé cette histoire du mauvais pied… seulement lui. Avec ses cheveux blanc et sa maudite arrogance. M’assommer, d’abord. Me kidnapper. M’enfermer contre mon gré dans une grotte, alors qu’il savait que j’étais une elfe et que nous détestions être coupé de la forêt. Toucher mes cheveux. Je ne savais même plus lequel de ses crimes étaient le plus grave et je songeais sérieusement à fracasser sa tête contre les parois rocheuses et lui, me parlait de nous appeler par nos prénoms, comme si on était de vieux amis. Je failli répondre que « Madame Litigien », ça m’allait parfaitement mais il avait raison, je détester qu’on m’appelle madame et quant à appeler un psychopathe ''Monsieur''… non. Il ne le méritait pas. Alors je gardai résolument le silence, le foudroyant du regard, sans dire un mot.

Je n’eus aucun grognement de mépris lorsqu’il déclarait que ces méthodes étaient drastiques. Si je me laissais convaincre, on pourrait presque croire qu’il cherchait à me séduire… comme si enlever une femme était une méthode efficace. Il voulait endormir ma garde en me racontant n’importe quoi et en m’assommant par derrière, comme le lâche qu’il était. « Explorez, vous reviendrez me voir quand vous serez de meilleure humeur. » Je faillis l’étrangler : De meilleur humeur ? Est-ce qu’il fumait des écailles de dragons ? Je me trouvais d’excellente humeur pour une prisonnière et considérant que toutes ses dents étaient encore dans sa bouche. Alors, délibérément, je m’approchai de lui qui avait les yeux fermés et méditait (sur ses péchés, avec un peu de chance) et je murmurai, en elfique, avec la voix la plus douce que je pouvais créer, la pire insulte que ma langue possédait. « Father’cutter » La grossièreté de mes paroles me libèra d’une grande partie de ma colère. Et puis, j’étais presque certaine qu’il ne comprendrait pas l’outrage. S’il parlait l’elfique, je me doutais bien qu’il connaissait pas le jargon des bas-fonds, celui des paysans qui ne savaient ni lire ni écrire. Bien que de famille fussent noble, mes amis étaient de gens du peuples, comme la plupart de mes patients. Et puis même s’il en comprenait les mots, comprendrait-il vraiment la portée de l’insulte ? Quoi de pire pour un elfe qu’avoir un père qui coupait des arbres ? Même une mère qui vendait son corps ne pouvait être pire qu’un père qui vendait son âme. Satisfaite, je m’enfonçai dans le couloir, à la recherche d’une solution.

Je ne trouvai pas de solution, mais je trouvai des vivres… plus loin, je trouvai aussi une source d’eau. Revenant sur mes pas, dans l’alvéole des vivres, je pris un bol large et je retournai à la source d’eau. IL ne semblait pas du tout perturbé par mes va-et-vient je ne pus m’empêcher de lui faire une très mature grimace, en passant. Une fois sûre que j’étais seule, j’entrepris de retirer ma tunique et mon corselet pour les laver. Puis les laissant sécher, j’entrai dans la source qui je trouvai un peu froide. Mais tout était un peu froid, pour moi : J’avais une température corporelle très élevée. Sûrement que l’eau et Sociopathe n’était pas si froids, mais comparé à moi, ils l’étaient. Surtout Sociopathe.

Je restais dans l’eau ce qui me parut des heures, l’eau semblant calmer mes idées belliqueuses. Finalement, je me décidai à sortir et j’enfilai mes vêtements, encore un peu humides et j’allais à la rencontre de monsieur. Je m’assis devant lui et je le regardai droit dans les yeux, avec toute la dignité que mes cheveux mouillé qui tombaient devant mes yeux me le permettait. « Je vous déteste toujours et j’espère avec ferveur que vous allez vous étouffer dans votre sommeil et mourir dans d’atroces souffrances, mais je suis prise ici. Donc… » Je ne voulais pas vraiment lui parler. Juste lui faire comprendre que ma présence n’était pas une capitalution. Il avait peut-être remporté un combat, mais il n’avait pas gagné la guerre. « Je vais donc réitérer ma question. Que me voulez vous, Kreos ? Vous pouvez dire ''rien''… mais si vous voulez me tuer, croyez-moi, il suffit de le dire et je serais plus que ravie de collaborer avec vous. Sinon, je vois mal ce que je pourrais vous apporter. » Continuai-je en elfique. J’avais décidé que si contrôlait la situation, j’allais contrôler la langue. Et j’avais des idées sur le ''pourquoi'' j’étais ici et aucune ne me plaisait. Je préférais croire qu’il voulait éliminer la compétition et allait m’assassiner. Je trouvais que c'était à la hauteur la vie passionnée que j'avais vécue : la pyromane de Rubis, assassiné par un sociopathe. J'espérais seulement qu'il n'allait pas me torturer parce que j'avais une très basse tolérance à la douleur physique.

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MessagePosté le: 04/06/2013 16:16    Sujet du message: Combattre le feu par le feu Répondre en citant

Elle avait beaucoup d'imagination, Kreos ne pouvait pas le nier. Et son visage était plutôt expressif, ou du moins, ses yeux ne trompaient pas. Elle le détestait. Et il se nourrissait de cette haine avec délectation. Elle se pencha vers lui, à un certain moment, pour lui souffler une insulte elfique. Il se contenta d'un sourire en coin et n'ouvrit même pas les yeux. C'était le pire qu'elle avait trouvé? C'est bien joli d'insulter les gens, mais il faut au minimum s'assurer que l'ampleur s'équivaut des deux côtés. Si pour elle, c'était la pire insulte, pour lui, c'était une pique amusante, particulièrement qu'il n'avait rien d'un elfe. Pourtant, elle s'en alla peu de temps après, il pouvait sentir que son pas était légèrement plus léger. Il en fallait si peu pour satisfaire une femme?

Quoiqu'il en soit, il demeura ainsi, patiemment, se vidant l'esprit pour ressentir son environnement. Il ne manque pas une seconde du bain de madame. Les échos sur les rochers lui ramenaient les détails de ses ablutions. Le temps s'étira, les secondes devinrent des minutes, les minutes mutèrent en heure. Il avait tout son temps, bien qu'il sentait l'appétit se creuser un chemin. Il n'allait pas tarder à se lever pour aller se sustenter. Mais il avait à peine envisager le mouvement que Tana-Lee sortit du bassin naturel. Il patienta donc encore un peu et ne fut pas déçu. Elle apparut dans la pièce, s'asseyant devant lui. Il ouvrit les yeux.

Leur regards se rencontrèrent, ni l'un ni l'autre ne baissa les yeux. C'était une battante. Un fin sourire étira le coin supérieur gauche de sa bouche. Son regard le défiait, et il en faisait tout autant, avec une lueur de moquerie. « Je vous déteste toujours et j’espère avec ferveur que vous allez vous étouffer dans votre sommeil et mourir dans d’atroces souffrances, mais je suis prise ici. Donc… » Il haussa un sourcil. Pouvait-il réellement s'étouffer dans son sommeil et mourir dans d'atroces souffrances à la fois? Elle était bien imaginative, mais ce serait une mort plutôt banale, voir décevante. « Je vais donc réitérer ma question. Que me voulez vous, Kreos ? Vous pouvez dire ''rien''… mais si vous voulez me tuer, croyez-moi, il suffit de le dire et je serais plus que ravie de collaborer avec vous. Sinon, je vois mal ce que je pourrais vous apporter. » Suicidaire? Ça lui enlevait de son charme.

Elle s'était adressée à lui en elfique. Le choix ne le surpris pas, elle voulait sans doute se donner une certaine illusion de contrôle. Il joua le jeu, lui répondant donc en elfique. « Je n'ai aucune intention de vous tuer, ni de vous torturer... physiquement. Il est vrai que vous pourriez être une source de renseignement utile et que je ne vous en voudrais pas de déballer toutes vos connaissances concernant la caste supérieure d'Enkidiev. Bien sûr, prenez votre temps, nous en avons pour un bon bout de temps à être ensemble, ce serait dommage de passer les derniers jours dans le silence...» Il observait ses réactions. Elle semblait sécurisé, d'un certain côté. Pensait-elle qu'il la violerait?

Il sourit. « Je ne penses pas vous violer, vous pouvez cesser de me regarder de la sorte. » Il eut une hésitation et se tut. Même s'il aurait voulu, il aurait été incapable. Il n'éprouvait pas autant de plaisir dans cet acte que ses compères mortels. De toute façon, il avait encore trop peu d'expérience pour se lancer à la découverte de cette femme. Il préférait rester à l'écart de cette tentation. Il observait ses traits, son visage, la lueur dans ses yeux. Pourquoi...? Il ne savait pas vraiment lui-même. Un coup de tête, des idées spontanées. Mais ce serait encore pire s'il devait le dire et la laisser partir. Autant s'inventer des raisons pour la garder ici, jusqu'à ce que les circonstances les sépare...

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MessagePosté le: 18/06/2013 19:01    Sujet du message: Combattre le feu par le feu Répondre en citant

«Je n'ai aucune intention de vous tuer, ni de vous torturer... physiquement… »
Je dus retenir un soupir de soulagement : Je ne me laisserais jamais tuer bêtement, j’étais beaucoup trop orgueilleuse et j’aimais beaucoup trop vivre. Mais j’étais surtout orgueilleuse. Je refusais de lui montrer que j’étais terrorisée à l’idée de finir mes jours ici, dans cette grotte, privée de la meilleure partie de mo-même (La capacité de transformer les gens en poulet rôti était clairement la meilleure partie de moi). Je prenais un air bravache mais en réalité, j’avais peur… de mes '''brillantes'' réactions. J’allais le provoquer (involontairement) et même si j’étais grande et forte, il l'était bien plus que moi. Il lui suffirait probablement de m’étrangler ou quelque chose dans ses eaux-là. J'imagine qu'il me serait possible de lui crever un œil, mais j’étais, pour ainsi dire, certaine de ne pas l’emporter. Faute de pouvoir le tuer, lui, il suffisait que je me taise et il me relâcherait. S’il croyait que je ne voulais pas vivre et qu’il ne désirait que me contrarier, me laisser en vie serait l’ultime punition, non ? Rassérénée par cette explication, je n’écoutai le reste que d’une oreille distraite : je me fichais bien de ce qu’il pouvait bien vouloir tant que j’étais en vie et entière. Et puis honnêtement, je me tenais loin des affaires d’enkidiev. Je passais mes journées dans la forêt à chercher des plantes pour utiliser dans mes décoctions ou à feuilleter mes grimoires ou même à terroriser des enfants qui piétinaient mes plants de bégonias. Je ne savais même plus qui était le roi de rubis, pour tout dire. Alors la caste supérieure d’Enkidiev… elle pouvait bien aller voir ailleurs si je m’y trouvais.

« Je ne penses pas vous violer, vous pouvez cesser de me regarder de la sorte. » Je ne pus m’empêcher de rougir jusqu’à la racine. Un rouge cramoisi qui s’étendit de mon visage jusqu’à ma poitrine : impossible à manquer. Ah que je détestais ce teint de rousse. Mais j’étais surtout furieuse de mon incapacité à garder mes expressions faciales neutres, mon visage entier s’animait, révélant au premier venu mes plus noirs secrets. Convulsivement, je serrai les bras contre ma poitrine, soudainement consciente de ma gorge dévoilée – artistiquement, certes, mais dévoilée quand même – par une tunique au col trop bas ET un corselet qui soulignait ce qui ne le devrait pas. Qui avait eu cette idée ? Pas moi, j’en étais sûre. « Ça ne m’avait jamais effleuré l’esprit », mentis-je avec aplomb, le regardant droit dans les yeux. Mon audace fut néanmoins tempérée par mon teint couleur tomate et ma posture purement défensive. Avec reluctance, je décroisai les bras et les posai sur mes genoux. Je n’avais pas peur de lui, me répétais-je. « Je suis rassurée : je ne vous intéresse pas comme ça. C’est sûr que ça va m’aider à mieux dormir. » Initialement, je voulais lancer cette phrase d’un ton léger, voir moqueur mais je me surpris moi-même par l’ironie mordante qui suintait de ma voix. Puis je compris : j’étais insultée. Bah oui. On vous kidnappe, on vous enferme dans une grotte, on vous dit que vous aviez une certaine ressemblance à une défunte visiblement aimée puis … on ne veut pas vous torturer/tuer/soutirer des informations et on vous dit '' Ne vous inquiétez pas, je ne compte pas tenter de vous voler un baiser parce que vous êtes zéro mon genre. Genre pas du tout ''. Eh bien oui, je me sentais insultée dans ma – non existante – féminité. Je lui lançai un regard mauvais et j’ouvrais la bouche pour dire que si monsieur ne me trouvait pas assez jolie parce que monsieur n’aimait pas les rousses ou les taches de rousseur, bah que certains me trouvaient très jolie (Je n’avais aucun exemple à donner, mais j’étais sûre qu’en réfléchissant bien, je trouverais au moins une personne) mais à la dernière seconde, je réalisai l’absurdité même de mon outrage : J’étais vexée qu’un sociopathe ne veule pas de ma personne ! Le manque de lumière et de nature commençait déjà à affecter ma cohérence, dans quelques heures, j’allais sûrement me mettre au tricot ou quelque autre stupidité du genre.

Je regardai autour de moi, et un soupir glissa de mes lèvres. J’étais effectivement coincée avec lui. Allez, Tana, fait un effort, m’admonestai-je. Je n’avais pas à devenir la présidente de son fanclub, juste à être amicale et à lui parler. Faire passer le temps. Jusqu’à ce que je trouve un moyen de l’assommer et/ou de bouger cette pierre et de quitter ce lieu maudit en courant. « Je m’appelle Tana-Lee Erika Aremilla. Je vous interdis de m’appeler ''Tana'' ou ''Lee''. Mais Aremilla est permis, ça veut dire ''Aigue-Marine''. Je suis magicienne de Rubis… mais vous saviez déjà ça. J’ai un fils, Lucas, il est roux comme moi. Il est toute ma vie. » J’eus un sourire indulgent en pensant à mon fils. J’étais si fière de lui… Et il me rappelait tant son père. Le fils d’Adélie. Mon dieu qu’ils me manquaient tous… Marek, Erika, Dustin… Mahr, Angelika, Maxence … Le seul qui me restais était mon Lucas et que je sois damné si je laissais quoi que ce soit lui arriver. « Je m’y connais bien en les plantes et ma couleur préférée est le rouge. Votre tour. » Je lui fit un sourire, le premier sincère que je lui adressais. Je laissais mon animosité de côté, un instant, et je l’observai attentivement pour la première fois. Je ne comprenais pas pourquoi je lui avais trouvé un air diabolique, il me faisait plutôt penser à une statue. Avec ses cheveux d’une couleur si particulière et ses yeux si profonds qu'ils devaient receler milles secrets.

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MessagePosté le: 07/12/2016 14:19    Sujet du message: Combattre le feu par le feu

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