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La pierre et la soie

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Les Chevaliers d'Émeraude - JDR recommandé par le site officiel - Version 7 Index du Forum -> Évènements -> Rp Stand-by
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Noran
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MessagePosté le: 18/02/2013 19:44    Sujet du message: La pierre et la soie Répondre en citant

Alassea a écrit:
Temple de la Sérénité
« La religion est l'intuition de l'univers »


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Comme son nom l’indique, le Temple de Desani exsude la quiétude, le calme, la paix. Comme une chute, la sérénité qui en jaillit coule le long des rues pour apaiser chaque citoyen. C’est l’âme de la ville, c’est sa boussole morale, c’est sa source de lumière et de chaleur. Bâtie à même la montagne au-dessus de la rivière Siliel, elle se divise en trois bâtiments : le Temple où la plupart des célébrations sont… célébrés ; Le sanctuaire des Dieux ; La coupole de Méditation.


Noran s'accouda sur le muret de l'allée menant à la coupole de méditation. Il observait la ville du haut du montoir. Le ciel était sombre, les étoiles brillaient dans le ciel. Il les regardait, se demandant si un jour il pourrait déchiffrer leurs messages. Il n'arrivait pas à dormir. Son cheval avait fait une grosse colique ce matin et ne semblait pas s'en remettre. Le voir dans un état aussi pitoyable, et de savoir qu'il ne pouvait rien faire, c'était si... si... il n'y avait même pas de mot.

Il était incapable de rester pour voir un être qu'il chérissait souffrir, jusqu'à ce que la mort le délivre. Il était pessimiste certes, mais il ne pouvait plus se fier sur ses connaissances, l'apothicaire de Desani avait donner un médicament qui devait agir comme laxatif et libérer les intestins de l'animal. À savoir si cela allait fonctionner... il l'ignorait. Il avait fait tout ce qu'il pouvait, cela semblait sévère. C'était peut-être une torsion intestinale... qu'est-ce que le laxatif pourrait aider...

Il plongea la tête vers ses coudes et s'appuya sur ses bras. Il était agenouillé, bien sûr, sinon il n'aurait pu poser ses coudes sans se plier du tiers de sa grandeur. De toute façon, personne ne venait ici la nuit. Il était seul, complètement seul. Béatrice dormait bien au chaud, protégée par un autre garde, un de la garde de nuit. Et lui, il ne dormait pas. Comment allait-il faire pour endurer sa protégée, demain, alors qu'il aurait à peine dormi? Impossible à savoir. Il releva la tête, vers la lune, regardant l'astre lumineux.

Il soupira, bruyamment. Il releva son avant-bas à la verticale et appuya son menton sur son immense paume. La verdure éclatante lui manquait. Turquoise se desséchait. Cette grande sécheresse était vraiment impressionnante, et si elle perdurait ainsi, le royaume tomberait. La reine aussi. Pourtant, pour lui, elle sera toujours une reine, et il la suivrait n'importe où, quoi qu'elle lui demande. Il protégeait déjà sa fille.

Au départ, honnêtement, il avait cru que cela lui permettrait de la voir plus souvent. Il avait toujours soif de son regard, de sa voix. La cascade de ses cheveux qui volait dans la brise, sa douce peau qui frémit lorsqu'elle apprend une autre histoire de fou de la part de sa fille. Alassea était une beauté incroyable, et pas seulement physique! Ses décisions enchantaient le peuple, sa posture redressait des maisons, sa démarche affirmait son autorité. Et son regard... son regard était la plus pure source qu'il connaissait. Sûr, précis. Elle était née pour gouverner, et le faisait mieux que quiconque. Son règne sur Turquoise durait depuis aussi longtemps qu'il le connaisse. Elle avait vécut longtemps, elle avait aimée.

Si seulement il y avait sa place aussi, si seulement, il pouvait lui dire ce qu'elle créait en lui. Des poèmes, des poèmes idiots car il ne savait rien. Des poèmes vulgaires car il n'était pas doué. Mais de belles paroles lui ventant ses mérites. Même ses colères revêtaient des artifices éclatant, tel un volcan, magnifique, qui crache sa rancoeur. Toujours noble, et droit. Il était perdu dans la contemplation des étoiles. Un géant à l'air rêveur, agenouillé près d'un muret...

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Dernière édition par Noran le 02/05/2013 12:47; édité 2 fois
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MessagePosté le: 18/02/2013 19:44    Sujet du message: Publicité

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Alassea
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MessagePosté le: 20/02/2013 23:54    Sujet du message: La pierre et la soie Répondre en citant

Une. La lumière tombait doucement derrière l’horizon, disparaissant un peu plus à chaque seconde, effacée par l’ombre. Un jour qui se terminait. Un autre… J’avais arrêté de les compter il y a longtemps, quand je réalisai que le temps, n’était qu’une donnée abstraite. Un chiffre, une invention de notre esprit désœuvré. J’étais aujourd’hui, mais je pouvais aussi bien être hier, ou demain. Je n’en savais plus rien. Qu’est-ce que ça valait, à la fin ? Rien. On naissait, on vivait, on mourait. Après, vingt ans… ou trois cent. Qu’est-ce que ça changeait ? Rien. Nos existences ne servaient à rien. Je voyais le regard hagard de la faim qui tenait les enfants entre ses griffes. La mort qui rôdait dans les rues… la peur, la rage, comme un brouillard obscur et dense au-dessus de la ville. Et je n’y pouvais rien. J’étais pieds et poings liés devant ces malheurs. J’aurais aimé que ça ne m’atteigne pas, après tout, ce n’était que le peuple. Mais je ne pouvais pas. Par Vallioce, je ne pouvais pas. Deux. Trois. Quatre, cinq, six. Le soleil semblait s’accrocher aux nuages, refusant de tomber. Le paysage était éclairé d’une étrange couleur rougeâtre, comme le sang.

Sept, huit, neuf, dix, onze, douze, treize. Quatorze, quinze. Les dernières larmes de lumières tombaient du ciel à une vitesse folle, on ne voyait qu’elles. On avait envie de tendre la main et de les attraper, de les garder contre soi, de les protéger de froid et du noir. Comme des enfants. Comme mes enfants. Béatrice. La seule qui me restait. Ma petite larme de lumière qui tombait derrière l’horizon, toujours hors d’atteinte. Seize, dix-sept, dix-huit, dix-neuf, vingt. Vingt-deux, vingt-trois, vingt-quatre. Les étoiles apparaissaient si vite maintenant que je ne pouvais plus les compter. Je baissai la tête et je vis les dalles de l’allée principale habillées d’une lueur blanchâtre, reflet de la lune qui s’était levée. C’était comme une invitation lancinante. Descends, me disaient-elles, descends de ton piédestal. Laisse ce balcon de contemplation et descends. J’avais envie d’obéir, aveuglement. Je tournai mon regard vers la porte qui donnait sur ma chambre et je ne vis personne. En effet, on croyait avoir mis fin à mes escapades dans la ville et durant les dernières années, c’était vrai. Mais aujourd’hui, à cette heure, la liberté m’appelait, comme une sirène. Sans plus réfléchir, je déployai mes ailes. Je me laissai atterrir quelques secondes plus tard, dans l’allée. Je réalisai à ce moment que ma longue robe était beaucoup trop voyante, bien que bleu nuit, les broderies et les surpiqûres clamaient que j’étais d’une classe sociale qui n’avais rien à faire seule, la nuit, de surcroît. Je haussai les épaules, et alors ? Qui risquais-je de croiser à cette heure ? Les Turquais étaient beaucoup trop superstitieux. Rassérénée, je me laissai guider par les rayons de lune, errant au hasard dans les rues de Desani. Évitant les quelques malheureux ivrognes que je rencontrai, ainsi qu’une péripatéticienne qui me sembla en mal de client. Elle me remarqua, je crois, car je cru apercevoir un sourire désabusé sur ses lèvres. Mais j’avais tourné au coin d’un bâtiment tellement rapidement que je n’aurais pu dire si elle était le fruit de mon imagination.

Je réalisai après un bon moment que mes pas m’avaient amené au temple. La voilà, la sirène qui m’appelait, la Sérénité. Je soulevai mes jupes d’une main avant de m’aventurer sur le chemin qui menait à la Coupole de la Méditation. Les arbres et les buissons menaçaient d’en envahir l’entrée… j’en glisserais un mot au grand-prêtre, à ce propose, je m’en faisais la promesse. Je m’arrêtai brusquement quand je vis une ombre, devant moi. Je sentis mon cœur s’arrêter. Génial, simplement par son ombre, je voyais qu’il s’agissait d’un homme assez massif et j’étais là, dans une robe avec comme seule arme un éventail en ivoire. Si seulement j’avais eu la présence d’esprit d’amener Noran avec moi, il m'aurait protégé car lui mêmme était très imposant et… Noran. Je regardai avce plus d'attention la silhouette qui se découpait dans la brique claire du muret.

« Noran ? »

Je m’approchai davantage et je vis que c’était lui. Je ne pus retenir le soupire de soulagement et lâchai mes jupes que j’avais inconsciemment soulevées au-dessus de mes chevilles, au cas où je devais courir. J’étais en sécurité. N’importe qui le regardait était saisi par la force brute qui émanait de lui… J’étais heureuse de l’avoir désigné comme garde personnel de ma fille, quelqu’un qui pourrait la protéger des autres… et d’elle-même. Je m’approchai jusqu’au muret, regardant sans le voir la ville, en contrebas. « Dois-en conclure que ma fille vous hante vos pensées au point de vous priver de sommeil ? » J’étais à la fois amusée et légèrement inquiète. Se pouvait-il que ma Béatrice ait traumatisé ce pauvre homme au point de le rendre insomniaque ? L’idée me fit sourire, de fierté (C’était une vraie Lomassiel, déterminée comme mon père) et d’embarras (Mais certes pas une Alisahfa car ma mère était un parangon de grâce et de gentillesse), et je ne pouvais dire lequel était le plus présent. Me penchant légèrement, je posai une main gantée sur son épaule, que je n’aurais jamais pu attendre en temps normal, mais que je touchai simplement parce qu’il était agenouillé. « Comment trouvez-vous le château ? Est-ce que vous vous y plaisez ? » Je pouvais désormais ajouter la culpabilité à la liste de mes émotions. Il l’ignorait peut-être, mais je savais exactement qui il était. Me redressant à nouveau, je portai la main à ma chevelure, m’assurant que mon chignon tenait toujours, un soudain coup de vent me faisant craindre le pire. « Je suppose que Béatrice doit vous tenir très occupé car que je vous ai à peine aperçu depuis votre arrivée. Desani est une grande ville, mais certes pas à ce point… » Je me tournai ver lui pour lui sourire gentiment, espérant sincèrement qu'il ne se questionnerais pas sur le ''pourquoi'' de ma présence ici. Ou qu’il comprendrait assez vite qu’il ne devait en parler à personne. Il devait faire comme s’il était parfaitement normal que je me retrouvai seule, la nuit, sans escorte.

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Noran
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MessagePosté le: 22/02/2013 15:51    Sujet du message: La pierre et la soie Répondre en citant

La brise faisait voler ses courtes mèches. Son visage, fermé et tendu, appelait la quiétude. Il priait Valioce, il priait Parandar, il priait tous les dieux qu'il connaissait. C'était sans doute futile, peut-être même ingrat de leur demander d'épargner un cheval. Une bête si rustre et maladroite. Utilisée depuis le début des temps, exploitée. Et pourtant, il tenait à ces bêtes plus que quiconque ne pourrait le penser. Elles étaient vives, intelligentes. Elle avait une capacité d'adaptation, et une capacité d'apprendre qui dépassait tout le potentiel humain. Le cheval était une proie. Son premier réflexe était la fuite. Toujours. Et pourtant, en temps de guerre, combien de chevaux courait vers le danger? Vers les piques dressées afin de percer leur chair? Beaucoup trop. Ils était si prévenants, avides de tout apprendre, de servir ceux qu'ils aiment. Eux, les humains. Des créatures viles et stupides.

Un bruissement, différent, l'extirpa de ses désagréables pensées. Quelle ne fut pas sa surprise de se retourner et de voir... les jupes relevées de la reine. Seulement à la cheville, bien sûr, mais il était troublé. Elle semblait plus réservée qu'une biche devant un prédateur. Heureusement, elle sembla le reconnaître. « Noran ? » Son soupir semblait si soulagé, que le coeur du géant se serra. C'était bien la dernière chose qu'il souhaitait inspiré à la reine : De la peur. D'un autre côté, se soulagement visible était bienfaiteur. L'avoir reconnu semblait la sécuriser. Intérieurement, il s'en réjouit. Il inclina respectueusement la tête. Étant déjà agenouillé, il ne s'étala pas plus au sol. Il savait que la reine n'exigeait pas ce genre de cérémonies exagérées. La sensation d'un papillon qui se posait sur son épaule, un léger chatouillement, mais contenant une chaleur autant physique qu'émotionnelle.

« Dois-en conclure que ma fille vous hante vos pensées au point de vous priver de sommeil ? » Son regard se perdit sur la ville. Il sourit. Béatrice avait un très fort caractère et savait se montrer rudement embêtante. Mais cela n'allait jamais jusqu'à ses heures privées. Il lui était facile d'oublier les frasques d'adolescentes de la magicienne lorsqu'il s'occupait des bêtes de l'écurie. « Comment trouvez-vous le château ? Est-ce que vous vous y plaisez ? » Sa sollicitude était un baume sur son coeur actuellement troublé. Ses épaules se détendirent légèrement. Il demeura agenouillé, appuyé au muret. Il ne ressentait pas la nécessité de se lever. Exprimer comment il se sentait entre les murs riches du château était plutôt complexe. Si ses parents avaient vent de son travail auprès d'une princesse comme Béatrice, sans doute que sa tête serait emplie de leur reproches. Pour le moment, ils ne semblaient pas au courant, cela lui allait.

« Je suppose que Béatrice doit vous tenir très occupé car que je vous ai à peine aperçu depuis votre arrivée. Desani est une grande ville, mais certes pas à ce point… » Il leva la tête vers elle. Elle lui souriait, d'une douceur rafraichissante. Il était vrai qu'il ne la voyait que rarement. Ou si brièvement qu'il n'avait que le temps d'hocher la tête. Béatrice était un vrai coup de vent, et ne cessait jamais de bouger. Et lui, il devait la suivre, parfois avec Zynias. Il appréciait la présence de sa soeur et rendait, d'ailleurs, ses séances de prises de bac avec la magicienne bien plus agréable. « La vie au château est agréable en soit, et Béatrice ne siège pas parmi mes soucis. » Il leva les yeux vers la lune, admirant sa paleur, sa lueur bienfaisante. Un peu comme Alassea, une fée dans un peuple rude tel que Turquoise, cela tenait du miracle. Elle était si forte!

Il sourit, et poursuivit, amusé. « Je crois par contre qu'elle apprécierait. » Il réalisa soudainement ce que sa phrase pouvait signifier et se reprit : « Pardonnez-moi ma reine, je veux simplement dire que votre fille... et bien qu'elle... apprécierait sans doute que je me soucie à ce point de sa sécurité... » Comment avoir l'air idiot : Test réussi à 100% avec Noran le Géant. Il soupira. « C'est plutôt mon cheval qui m'inquiète, à vrai dire. » Changer de sujet, pourquoi pas? Mais sans doute qu'elle n'avait pas envie de l'écouter s'élancer sur le sujet de la santé de sa bête. Il était sot parfois, sans doute sa protégée aimerait le lui entendre avoué. Il se tut. En fait, peut-être même qu'il ferait mieux de ne plus ouvrir la bouche. La reine n'était sûrement pas ici pour l'écouter discourir. D'ailleurs, pourquoi était-elle ici?

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Alassea
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MessagePosté le: 28/02/2013 01:22    Sujet du message: La pierre et la soie Répondre en citant

Son malaise était évident. Il me cachait quelque chose, je le ressentais. Puis sa phrase me fit réaliser que c’était mes questions qui le mettaient sur la sellette. Quel homme aurait la bêtise de confesser à sa reine que sa fille était un tel poids que la responsabilité de veiller sur elle le privait de sommeil ? Personne de sain d’esprit et je ne craignais rien pour la santé mentale de l’homme devant moi. Je me fustigeai mentalement, le mettre dans une telle situation était indigne de ma part. Surtout qu’elle était motivée par une émotion bien égoïste : l’envie. Je l’enviais de s’entendre si bien avec ma fille, comme tous d’ailleurs. J’étais visiblement la seule à ne pas la comprendre. Et ne pas savoir quoi lui dire. Je l’avais accepté comme magicienne de Turquoise, malgré son peu d’expérience, pour me rapprocher d’elle, sans résultats. Mon égocentrisme me revenait à la figure comme une gifle : Béatrice s’entendait à merveille avec son garde du corps – choisi par mes soins et contre son gré – et ce dernier s’étonnait probablement que je puisse penser le contraire. En effet, n’était-elle pas parfaite ? Gentille, belle, noble, tous ce que j’avais toujours souhaité chez mes filles. Et pourtant… Elle et moi, c’était le choc des Titans.

Je fus soulagée lorsqu’il changea de sujet, coupant cours à mon déplorable apitoiement sur mon pauvre sort. Je lui fis un sourire reconnaissant. « Je m’y connais que très peu en qui concerne les chevaux. Je ne connais que leur nom mais… je vous exprime ma plus profonde sympathique pour votre cheval qui doit être votre fidèle destrier. » Je tendis la main pour prendre la sienne mais je stoppai mon mouvement en plein milieu. Mais qu’est-ce qui me prenait subitement ? Autant de contact avec Noran était complètement inapproprié, surtout que pendant mon précédent monologue intérieur, j’avais retiré mes gants. L’idée de poser ma main – nue – sur la sienne me frissonner un instant. De … peur, évidemment. Puisque ça ne pouvait être rien d’autre. Je tournai la tête, évitant son regard, regardant la lune comme il l’avait fait quelque instant auparavant. Si claire, ronde et si proche, on avait l’impression qu’il suffisait de la toucher pour caresser sa surface lisse et brillante. Je me figeai, mes pensées semblaient tourner beaucoup autour du toucher… , par sécurité, je ramenai mes mains sur mes cuisses, les entrelaçant. Pour ma défense, l’inquiétude du garde était palpable. On n’avait qu’une seule envie et c’était d’aplanir la ligne qui s’était creusé entre ses yeux… En réponse, je sentais mon propre visage se crisper et mes lèvres se pincer. Je ne m’y connaissais peut-être pas en cheval, mais je savais l’angoisse qu’on ressentait au chevet d’un être aimé. Ce nœud dans la gorge, cette froideur dans les mains, ce silence assourdissant. Personne. Juste vous et la peur de perdre votre raison d’exister. Juste vous et le néant.

Contre moi-même, tout mon corps se pencha et je posai ma main sur celle de Noran, serrant brièvement sa main grande dans la mienne, minuscule. « Je suis convaincue que Vallioce vous entendra. Elle protégera ceux que vous aimez. Je le sais. » Je ne le savais pas… mais je voulais y croire. On m’avait déjà tout arraché, mais c’était ma malédiction à moi. Mon fardeau. Ma punition pour tous mes péchés et mes vices. Je retirai rapidement ma main, pour éviter de le rendre mal à l’aise et je décidai de la distraire de sa mélancolie et de ma bizarrerie. « Il y a quelque années, j’ai adopté un chat qui s’avéra être une véritable terreur. Il s’appelait Juge, en l’honneur de… quelqu’un que j’affectionnais beaucoup. Son nom voulait dire '' Dieu est mon juge '' en langue ancienne et j’avais nommé le chat en pensant à lui. Le chat dévora tout ce qu’il trouvait et un jour, il se retrouva dans ma penderie. Il déchiqueta trois robes entières, des robes qu’étonnamment, mon m…ami n’aimait pas. Comme si le chat était vraiment la manifestation de son homonyme. » J’évitai de prononcer son nom car juste penser à lui me donnait envie de pleurer. Je ne voulais pas alourdir l’atmosphère mais l’alléger. Et potentiellement le distraire de son inquiétude, du moins un bref moment. « Juge avait laissé ma deuxième robe de mariage intacte, mais la première n’avais pas eu autant de chance. Et le pauvre petit avait failli s’étouffer avec un ruban olive. La preuve que cette couleur est vraiment dangereuse. » J’eus un rire que je m’empressai d’étouffer en posant ma main sur ma bouche. Je revoyais encore le chat, refusant de s’approcher de tout tissu de cette couleur, après l’incident. Je ne l’en aimais que plus, détestant moi-même la couleur olive.

Fatiguée d’être debout, je me glissai lentement au sol, en m’asseyant devant lui, mes jupes formant une large fleur bleue nuit autour de moi. Non, ce n’était pas ce qu’une reine devait faire, mais je m’en fichais. À cette heure, je n’étais la reine personne. Je regardai à nouveau le garde, étonnée de voir à qu’elle point il me dominait de sa taille. « Par Estola, qu’il est grand … » Je murmurai la dernière phrase surtout moi-même, mais j’ignorai s’il l’avait entendu. Si je voulais lui prouver que j’étais normale, c’était raté. Diriger les gens pendant autant de temps m’avais fait oublié comment avoir une conversation avec le commun des mortels… je ne savais plus que parler guerres et alliances.

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MessagePosté le: 13/03/2013 20:44    Sujet du message: La pierre et la soie Répondre en citant

Noran sourit. La reine lui déclarait son ignorance dans le domaine des chevaux. Il ne s'attendait pas au contraire non plus. Ces bêtes étaient plus des... outils, que de réels êtres. Il apprécia ses voeux de sympathie. Elle lui semblait purement honnête. À quoi bon lui mentir? Elle semblait moins masquées que Béatrice. Du moins, en cette chaude soirée. Elle porta son regard au loin, et il en fit de même. Il était mal à l'aise. Sentait-il réellement une tension ou se l'imaginait-elle? C'était plus de la gêne, un malaise, qu'une réelle tension dérangeante. Soudain, un contact léger, frais et inattendu. Une main, délicate, s'était posé sur la sienne. Le contraste était saisissant. Il fixa leurs mains, comme surpris. « Je suis convaincue que Valioce vous entendra. Elle protégera ceux que vous aimez. Je le sais. » Il eut un sourire triste. Oui, Valioce veillait.

Ce fut son tour de vouloir lancer un sujet. Le silence semblait leur peser à tous les deux. Elle lui parla d'un chat. Un chat qu'elle avait adopté il y a de cela quelques années. Il se demanda qui était l'inconnu dont elle lui parlait, celui qui avait, d'une certaine façon, nommé le chat. L'anecdote était amusante, un chat ayant un estomac sans limite. Les bêtes peuvent parfois être surprenantes. Comme les chevaux qui mâchaient parfois leur propre crins, le bois ou parfois même les métaux. Lorsqu'elle lui parla de ses robes, que le félin avait déchiqueté, il sourit un peu malgré lui. Il leva le regard vers elle et tenta de déchiffrer son expression. Elle était si difficile à cerner. Sa voix s'adoucit. « Et le pauvre petit avait failli s’étouffer avec un ruban olive. La preuve que cette couleur est vraiment dangereuse. » Son expression changea, elle rit, très peu, légèrement, musicalement.

Noran s'adoucit. Comment demeurer perturbé et sombre lorsqu'un rayon de soleil vous caressait un peu de son éclat? Elle descendit à son niveau... puis plus bas. Il était immense aux côtés d'elle. S'asseyant à ses côtés, auréolée de ses jupes, elle lui semblait briller d'un éclat bienveillant. Turquoise avait de la chance, il le réalisait soudainement. Perle aussi. Avoir une reine aussi magnifique, aussi forte, intelligente et belle! En cet instant, comme une petite fleur qui découvrait timidement ses pétales le soir tombé, elle incarnait la fragilité à ses côtés. Il avait presque peur de bouger, de peur de la froisser et de lui retirer ce halo merveilleux. Son regard se posa sur lui, elle semblait perturbée, ou surprise? « Par Estola, qu’il est grand … » Son murmure, si léger fut-il, résonna légèrement dans le silence de la nuit.

Par réflexe, ou par habitude, il lui jeta un regard amusé. Le fait qu'elle l'est dit si bas démontrait qu'elle parlait plus pour elle-même. Sans doute que sa taille l'impressionnait. « Ne vous en faites pas Majesté, je suis grand pour tout le monde. » Il lui sembla avoir visé juste, aux vues de sa réaction. Il sourit, franchement, et observa les traits de son visage. Si doux à observer. Il se sentait soudainement apaisé. La présence d'Alassea avait comme jeté un baume sur son inquiétude. Il avait envie de la cueillir et de la protéger. Sur sa vie il le jurait, jamais aucun mal ne pourrait être commis à cette femme, de quelque façon que ce soit, tant qu'il ne serait pas loin. Il était prêt à être un appui pour elle, un tiroir où elle pourrait déposes ses craintes ; un baume où elle pourrait puiser la force ; un coffre où elle pourrait enferme son masque.

Il ouvrit la bouche, puis la ferma. Ce serait trop étrange qu'il lui confesse, soudainement, comme il tenait à elle. Comme il serait prêt à tout pour voir ce sourire qui, tout à l'heure, avait fait briller ses yeux. Il eut un sourire, se moquant de lui-même, en secouant la tête, posant le montant sur ses bras joint sur le muret, il finit par lui dire, dans une voix basse, dans un aveux, tel une confession : « Si Perle ouvrait les yeux, ils verraient la chance qu'ils ont. Turquoise est un don pour ce peuple fermé d'esprit. Vous... » Il hésita, fermant les yeux, pour se plonger en lui-même, il termina, dans un souffle : « Vous êtes sans doute choisie par Valioce elle-même car personne ne serait à votre hauteur. Personne. » Puis il eut un sourire pour lui-même, et ouvrit les yeux. « Pas même moi, malgré ma taille de géant. » Il tourna légèrement la tête, toujours appuyé, pour la regarder. « Mais je préfère le terme titan. » Il lui fit un clin d'oeil.

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Alassea
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MessagePosté le: 04/04/2013 15:03    Sujet du message: La pierre et la soie Répondre en citant

« Ne vous en faites pas Majesté, je suis grand pour tout le monde. » J’ouvris grand les yeux lorsque je réalisai que j’avais parlé à voix haute. Pour faire subtil, alors vraiment, je faisais subtil. J’eus un sourire contrit et je baissai la tête pour cacher mes joues rougissantes. C’était très … puéril comme réaction, mais pour ma défense, j’avais la peau très pâle et un rien colorait mes joues : un changement de température, une émotion forte… J’avais hérité de cela de ma mère. Tout en gardant la tête baissée, je glissai la main dans mon dos, dans un geste que j’espérais indécelable, sinon naturel. J’attrapai l’éventail savamment dissimulé sous une jupe et je le ramenai devant mon visage en l’ouvrant d’un coup sec du poignet. Je détestais exposer mes vulnérabilités et je me sentais déjà plus à l’aise avec l’éventail pour cacher le bas de mon visage, de laissant que mes yeux. Je sentis son humeur dériver vers quelque chose de plus léger et j’en fus heureuse, son angoisse m’étreignait comme des serres. Pendant la journée, je tentais de bloquer les sentiments qui m’assaillaient de toute part, mais lorsque le soleil tombait, mes défenses contre le monde extérieur faisaient de même et toutes les émotions refoulées venaient me frapper de plein fouet. L’inquiétude de Noran m’avait frappé par surprise, mais son apaisement m’apaisa également et je me surpris à sourire doucement.

Sourire qui s’effaça pour me laisser pantoise devant les mots du garde du corps. Je ne savais que répondre à cette déclaration spontanée. Nier qu’elle me faisait plaisir serait hypocrite, elle venait soigner une blessure profonde qui m’habitait depuis longtemps : l’insécurité. Je regardai ses yeux s’ouvrir et je me composai un visage neutre, agitant l’éventail pour me donner une contenance. « Pas même moi, malgré ma taille de géant… Mais je préfère le terme titan. » Le clin d’œil et le terme titan, que j’avais moi-même employé dans un monologue intérieur quelques minutes auparavant me fit sourire. Je portai ma main libre à mon cœur et j’inclinai la tête, tout en le regardant. « Merci. » Je ne pouvais rien dire d’autre… et j’avais mis toute la reconnaissance, la fierté, l’humilité que je ressentais dans ce simple mot. « Le terme titan vous va, en effet, à merveille. Il est indigne de ma part de ne pas l’avoir réalisé auparavant » Je lui renvoyai candidement son clin d’œil. Le mal-être que je ressentais se dissipait peu à peu, me permettant d’apprécier la singularité de notre conversation, ô combien inconvenante et saugrenue. Et puis après ?, me pensai-je, quelle importance… « Par contre, si vous avez le droit à une sorte de surnom en rapport avec votre apparence, je trouve singulièrement injuste que moi, je n’en possède aucun. » Je déposai l’éventail sur mes genoux et je m’observai quelque seconde, avant de grimacer. « Même si je crois que ce serait quelque chose comme ''Poids-Plume'' ou ''Blanche-Neige''. Rien à voir avec Titan. La déesse des surnoms est visiblement très partiale. » J’eus une moue de dérision : il n’y avait pas que la déesse des surnoms qui était partiale, si une telle déesse devait exister, les Dieux avait leur parti pris et nous devions naviguer entre.

Vous êtes sans doute choisie par Valioce elle-même… Vallioce elle-même… Vallioce.Les mots résonnait dans ma tête et je me surpris à les trouver réconfortant, de voir que tous les Perlois ne me détestaient pas. Surtout un Pentis. Surtout que maintenant, avec la sécheresse des champs qui touchaient surtout les anciennes contrées perloise, je n’étais pas étonnée qu’ils me démonisent, me rendant responsable de tous leurs maux. La sorcière aux yeux de songes. Mais cet aveu spontané me faisait oublier tout cela pour me concentrer sur l’idée que certaines personnes approuvaient et appréciait mon travail. Même si ce n’était qu’une personne sur des milliers, c’était une personne qui ne me considérait pas comme une incube venue tout droit de l’enfer. « Je suppose que vous et votre sœur êtes les seuls Pentis à ne pas vouloir ma tête… » Je portai mon éventail à mon visage, vivement et en laissant échapper un hoquet, moi-même surprise de mon coq-à-l’âne… et de mon indiscrétion. « Pardonnez-moi, Je crois que je ne devrais pas être en possessions de ses informations.» Je sentis mes joues s’enflammer à nouveau et je me retins de soupirer. Pourquoi faire tant de drame ? Je n’avais jamais eu l’intentions de lui révéler que je savais exactement qui il était, mais je l’avais fait. Et puis après ? Ce n’était quand même pas la fin d’Enkidiev ! J’avais des tendances très théâtrales… me pâmant pour un rien. Je décidai je prendre la chose avec humour. « Je veux dire… si vous étiez un Pentis de Perle, et que vous aviez une sœur se nommant, disons, Zynias, et que tous deux vous travailleriez au château, je crois que vous seriez les deux seuls Pentis à ne pas me maudire. Si vous étiez ce même Pentis, je vous dirais probablement que j’apprécie votre dévouement. Mais ce n’est pas le cas… puisque vous n’avez pas de sœur. » Je lui souris de derrière mon éventail, mes yeux – la seule partie de mon visage qu’il apercevait – brillant d’une manière espiègle.

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MessagePosté le: 07/04/2013 21:32    Sujet du message: La pierre et la soie Répondre en citant

Son remerciement lui fit chaud au coeur. Et sa réponse « Le terme titan vous va, en effet, à merveille. Il est indigne de ma part de ne pas l’avoir réalisé auparavant » suivi d'un même clin d'oeil le fit rire un peu. Un rire lourd, profond, sincère, qui agita son immense poitrine. Son regard se perdit sur la peau délicate de la reine, ses cheveux d'ébène et ses yeux... dans lesquels il se perdrait à tout jamais si on le lui permettait. Sa voix, si belle, le ramena sur terre. Il cligna des yeux et se tourna à nouveau vers le ciel. « Par contre, si vous avez le droit à une sorte de surnom en rapport avec votre apparence, je trouve singulièrement injuste que moi, je n’en possède aucun. » Il sourit. Un surnom est un peu un terme pour décrire une personne, ou l'interpeler. Pour la reine, il n'y avait qu'un seul mot pour la décrire : Alassea. Le mot unique lui-même était trop commun pour rappeler cette beauté, cette authenticité, ce regard, ce sourire, cet honneur, cette droiture! Et que d'autres encore!

Le terme ''Poids-Plume'' le fit rire à nouveau. Certes oui, il pourrait sans doute la soulever d'un seul bras. Tout comme il pouvait s'offrir tel un rempart contre le monde. Tout comme il pouvait la dissimuler lorsque la tension l'accablait. Il pouvait porter sur ses épaules le poids qui abaissait les siennes. Il était sans doute un peu idiot, comme n'importe quel personne costaude comme lui, mais il n'était pas dupe, ni totalement sot. Cette femme avait beaucoup à gérer, et toute la puissance qu'elle avait mis dans son simple merci montrait à quel cette tension était forte. Il était heureux d'avoir pu l'alléger, ne serait-ce qu'un peu.

Il perdit son regard dans les étoiles. Un silence flotta, quelques instants, sur eux. Chacun perdu dans ses songes. Puis sa voix, à nouveau, attira son attention sur terre. De toute façon, c'était son visage qu'il voyait dans les étoiles, ses yeux qui brillaient, comme il les voyait si peu souvent, trop peu souvent. « Je suppose que vous et votre sœur êtes les seuls Pentis à ne pas vouloir ma tête… » Il ne put qu'hausser un sourcil et lui jeter un regard interrogateur. Elle se dissimulait derrière son éventail et semblait soudain mal à l'aise, il n'était pas choqué par sa phrase, seulement surpris, il lui un sourire réconfortant, il savait qu'elle savait. Et tous deux n'ignoraient pas que Béatrice ne devait pas savoir.

« Pardonnez-moi, Je crois que je ne devrais pas être en possessions de ses informations.» Il secoua la tête et lui murmura « C'est tout à fait pardonné Majesté... » Il aurait plutôt été étonné qu'elle ne le sache pas avant de le nommer garde du corps de sa fille. Elle devait s'être informée, et c'était son droit, elle était la souveraine de Turquoise. « Je veux dire… si vous étiez un Pentis de Perle, et que vous aviez une sœur se nommant, disons, Zynias, et que tous deux vous travailleriez au château, je crois que vous seriez les deux seuls Pentis à ne pas me maudire. Si vous étiez ce même Pentis, je vous dirais probablement que j’apprécie votre dévouement. Mais ce n’est pas le cas… puisque vous n’avez pas de sœur. » Ses yeux étincelaient. Il ne contemplait pas les étoiles, mais en avait tout autant l'impression.

Il répliqua, du tac-au-tac : « Sa Majesté pourrait être surprise à quel point les enfants ont tendance à se plier à ce que leur parents n'aiment pas, pour leur plaire. Ou sans doute le savez-vous déjà. Si ces... Pentis, devait ne pas vous aimez, sans doute n'est-ce que leur parent, sans doute plusieurs jeunes Pentis vous admire, comme celui que je ne suis, évidemment, pas. » Il ne put s'empêcher de rire en poursuivant, un peu plus pour lui même : « Puisque je viens d'une grotte et que je suis une brute musclée. » Les paroles de Béatrice, si souvent répétées, lui était revenue spontanément à la mémoire. Il ricana encore un peu, puis soupira. « Mon dévouement, Ma Dame, est plus difficile à s'octroyer que vous pourriez le penser. Ma loyauté n'est accordée qu'à ceux qui combatte, à ceux qui peuvent lever les yeux dans les miens, à ceux qui n'ont pas peur de leur décision. »

Son visage s'adoucit. « À ceux qui le mérite, par leur nature, leur bonté. » Il regarda ses mains et gratta, du bout de l'index, la pierre du muret. Un léger silence s'installa. Il pouvait entendre sa respiration... et ses pensées qui s'agitaient. Du moins, c'est ce qu'il pensait. « Qu'est-ce qui est plus petit, mais plus fort qu'un titan? » La question sortait de nul part, mais il savait lui, d'où ça sortait. Il repensait au surnom, à ce qu'elle avait dit. IL ignorait la réponse à cette question, si il devait y en avoir une. Il savait, qu'Alassea correspondait, mais il ignorait s'il y avait un terme, pour décrire cela. Ce qui comptait, c'est qu'elle comprenne. Et il ne doutait même pas de cela. Elle était, après tout, beaucoup plus intelligente que lui.

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MessagePosté le: 11/05/2013 23:50    Sujet du message: La pierre et la soie Répondre en citant

Je voulais me lever et me réfugier derrière le muret pour fuir son regard. Et ses compliments, bien que sincères, me mettaient mal à l’aise. Peut-être même parce qu’il était sincère. Je ne savais pas comment réagir, que dire, que faire : je n’y étais pas coutumière. Oh, je recevais des flatteries à chaque secondes, des phrases creuses lancée par des gens tout aussi creux destinées à m’amadouer, pour obtenir quelque faveur. Je recevais ces dernières avec un sourire absent, les écartant d’un geste de la main, ayant autant d’importance à mes yeux que ma première robe. Puis, je savais recevoir des compliments – sincère ou pas – sur mon apparence. Je savais que j’étais belle, je ne le disais pas par vanité ou par orgueil, mais avec résignation. J’avais hérité de ce fardeau de ma mère, mais dans ma jeunesse, je l’avais pris pour un cadeau. J’étais vaine. Magnifique, jeune et vaine. J’étais la Belle Alassea, celle qui allait marier un prince, qui m’enlèverait, sublimé par ma peau blanche et mes grands yeux gris. Ou peut-être un empereur qui voudrait faire de moi sa concubine mais qui séduit par mon charme éthéré, m’épouserait. J’étais intelligente et cultivée, mais on se plaisait à croire que j’étais ni une ni l’autre. Et ça m’allait bien : on m’offrait des cadeaux simplement en échange d’un sourire ou d’un battement de cil, les messieurs jetaient leur redingote sur mon chemin pour que mes pieds ne touchassent jamais le sol poussiéreux, et les dames se targuait toutes d’êtres mes meilleures amies tout en murmurant des horreurs à mon compte, refusant de croire que je pouvais être à la fois charmante, charmeuse et chaste. Je recevais les compliments sur ma beauté et les calomnies avec le même sourire lointain que j’offrais aux flatteries. Mais des éloges sur ma personnalité me laissaient pantoise, depuis toujours, et réveillait en moi ce fol et romantique espoir d’être aimée pour moi-même. Espoir qui devait absolument être détruit avant de me détruire. Delenda Carthago.

Revenue de mes pensées, je remarquais qu’il regardait ses mains, l’écho de son rire résonnant en moi. Je découvrais aujourd’hui une … délicatesse insoupçonnable chez ce géant. Celle-là même qui m’avait poussé à poser ma main sur la sienne pour le rassurer. « Qu'est-ce qui est plus petit, mais plus fort qu'un titan? » Je ne pus que sourire. Un de ses sourires automatique, qui étirent vos lèvres sans même y penser, comme si ces dernières étaient animées d’une volonté propre. Je n’étais pas sûre de savoir où il voulait en venir, ou plutôt, je n’étais pas sûre de vouloir l’accepter. Lentement, je baissai l’éventail que je posai sous mon menton et je le regardai par-dessous mes cils. « Une titanide » m’entendis-je répondre, dans un murmure presqu’inaudible. « Une femme titan » répétais-je, cette fois, avec une voix ferme et beaucoup plus dure que je n’en avais eu l’intention. Je baissai les yeux, cachant le trouble qui habitait mes yeux gris, gris comme un jour d’orage. « Ne dit-on pas que derrière chaque grand homme se cache une femme ? Vous êtes très grand, cher Titan, et je suppose que Madame Noran Pentis doit être exeptionnelle. » Ma voix avait repris son aspect léger et mon visage, sa neutralité habituelle. Au mieux, il ne remarquerait rien, au pire, il se dirait que sa reine avait une personnalité des plus étrange et changeante, comme la mer, comme son prénom. Et ce serait loin d’être totalement faux. « D’ailleurs, comment se fait-il que Madame Noran Pentis accepte d’être séparée de vous ? » Je m’imaginais mal Noran célibataire. Si j’étais Mme Titan, je ne le laisserais jamais plus de trente minute hors de mon champ de vision. Il était grand et terrifiant, l’archétype du bellâtre ténébreux, mais en même temps, il était rassurant et adorable. Non, définitivement, ce n’était pas l’homme à laisser errer dans un château remplis d’estrogène et de femmes célibataires désabusées. Après avoir entendu les lavandières parler du nouveau garde du corps de la 'chipie de Béatrice qui avait tout pour elle' en des termes qui auraient choqué la plus aguerrie des belles-de-nuit, je commençais même à craindre pour la sécurité de mon garde du corps… et la paix d’esprit de sa femme.

« Elle ne doit pas savoir que vous êtes la nouvelle coqueluche de ces dames… Et à moins de mal lire votre expression, vous non plus. » Je ne pus m’empêcher d’éclater de rire. Un rire bref et exubérant que je m’empressai d’étouffer en portant mon éventail à ma bouche : une dame se devait d’être posée en tout temps. Mais la situation était si… irréelle. Amusante et bizarre. J’avais l’impression que tout était possible… que je pouvais tout dire, tout entendre. Peut-être que, sans le regard d’aigle du soleil qui éclairait mes faits et gestes, je me sentais libre. Et le lendemain matin, toute cette rencontre ne serait qu’un souvenir lointain, ondulant dans ma mémoire, insaisissable, comme une flamme dans le vent.

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MessagePosté le: 04/06/2013 14:30    Sujet du message: La pierre et la soie Répondre en citant

Noran jeta un oeil en coin à la reine pour essayer de percevoir sa réaction. Elle baissa son éventail. Son sourire, doux et discret, en disait beaucoup plus long que leur conversation elle-même. Il sourit à son tour, heureux d'apporter un peu de lumière dans son esprit qui semblait pris avec tant de sombres pensées. « Une titanide » Il haussa un sourcil. Ce terme existait-il réellement? « Une femme titan » Sa voix écrasa le silence et il pencha légèrement la tête. Il donnerait tant pour jeter un oeil à ses pensées. Elle était toujours si... énigmatique, réservée. « Ne dit-on pas que derrière chaque grand homme se cache une femme ? Vous êtes très grand, cher Titan, et je suppose que Madame Noran Pentis doit être exeptionnelle. » Il sourit et regarda ses mains, dépourvues d'anneau, et leva les yeux vers les étoiles. « D’ailleurs, comment se fait-il que Madame Noran Pentis accepte d’être séparée de vous ? » Parce qu'elle ne sait pas encore le lien qui existe entre eux. Du moins, il se plaisait à y penser.

« Elle ne doit pas savoir que vous êtes la nouvelle coqueluche de ces dames… Et à moins de mal lire votre expression, vous non plus. » Euuh... Quoi?! Il la regarda d'abord, avec un étonnement non-dissimulé, puis éclata de rire, tout comme elle. Ce fut un moment d'hilarité bref, mais rafraîchissant. La nouvelle coqueluche... de dames qui ne le connaissait même pas. S'il l'était réellement, il trouvait cela plus amusant qu'autre chose, puisque sa chère protégée, Béatrice, se plaisait à le faire passer pour le pire garde jamais connu. Sans doute admirait-on son courage d'exécuter ses tâches en aussi mauvaise compagnie.

Il se secoua. Mais quel genre de pensées venaient-elles de poser dans son esprit...? Il soupira doucement, un peu nostalgique. Son seul amour avait toujours été le bien-être équin. Au fil du temps, il avait développé une énorme admiration pour la reine qui régissait le royaume. Certes, elle avait déjà fait chaviré son coeur par sa distinction et sa beauté, mais au fil de ses décisions, il voyait un être à part, se lever derrière cet éventail. Et c'est cet être qui revêtait le chaud manteau de son amour inconditionnel. Si un jour, il pouvait en faire une Madame Noran Pentis, il serait sans doute le plus heureux des hommes.

Il rompit le silence. « Madame Noran Pentis... j'ai déjà pensé à nommer une de mes plus fidèles bêtes ainsi. Mais je me suis ensuite dit que cela pouvait porter à confusion... Je crois que mon arrière-grand-mère se nommait ainsi, ou celle d'avant peut-être. Sinon, je n'en connais pas d'autre. Mais si vous la connaissez, vous pourriez me la présenter...! » Il sourit, l'observant du coin de l'oeil. Il lui était étrange de parler d'elle, sans pour autant le faire. C'était... bref, n'essayons même pas de percer les pensées de ce géant, c'était à s'y perdre. « De ce fait, je ne crois pas que ma... nouvelle position sociale, la dérange. Mais je suis plutôt flatté de savoir que les, euhm..., nouveaux uniformes, leur plaisent. Votre fille met beaucoup de coeur à les commander. »

Il était légèrement moqueur, pas en mal, bien sûr. S'il y avait bien une raison pourquoi il n'avait toujours pas quitté son poste, c'est bien parce que la jeune Béatrice l'amusait plus qu'autre chose! Elle regorgeait d'idées folles à mettre en oeuvre pour le décourager. C'était devenu un passe-temps. Pourtant, il avait lui même eu l'occasion de pouvoir la ridiculiser à de nombreuses reprises. Il s'en était bien entendu privé. Honte à lui s'il devait amener la honte sur cette famille. La reine méritait de meilleurs honneurs que ça. Il se racla la gorge. « La coqueluche... on m'a souvent attribué de drôle de surnoms, mais je dois avoué que celui-ci est le meilleur que j'ai entendu à ce jour! » Il eut un léger rire rauque qui fit vibrer son énorme poitrine.

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MessagePosté le: 23/06/2013 20:10    Sujet du message: La pierre et la soie Répondre en citant

Je vis son regard se poser sur ses mains et j’eus un sourire en repensant à cette première rencontre avec Danyhel. J’avais visiblement une obsession sur les bagues. Heureusement, cette fois, je n’étais abstenue de faire de commentaire sur son absence d’alliance. Puis je regardai ma propre main où brillait un anneau que je n’avais jamais eu le courage de retirer. Je vivais dans le passé. Près de quatre-vingt-dix ans après sa mort, j’étais toujours sa veuve. Le blanc avait peut-être remplacé le blanc mais mon affliction était aussi vive bien que plus facile à occulter. Cependant, pour la première fois, j’eus l’impression que je pouvais la retirer, que je pouvais vraiment avancer et lancer mon passé là où il se devait d’être : derrière moi. L’éclat de son rire mélangé au mien résonna en moi comme un écho et je me sentis libérée d’un poids. Un nouveau silence s’installa mais fort différent des précédents, là les autres avaient été emplis de malaise ou de réflexion, il était complice. Comme si dans la quiétude de la nuit, nos âmes communiquaient, sans l’aide de mots, avec pour seul véhicule un soupir, un regard.

J’eus d’abord un air étonné : il n’y avait pas de Mme Noran Pentis puis mon expression se mua en quelque chose que je n’identifiai que tard par la suite : le soulagement. Je tentai de rationaliser ce sentiment qui n’avait pas lieu d’être ; S’il était marié, il ne pourrait pas rester indéfiniment garde du corps de Béatrice… Explication mince et sans aucune logique (ne préférais-je pas un homme marié pour chaperonner ma jeune et jolie fille dans tous ses déplacements ?) dont je devais me satisfaire puisque mon esprit n’était disposé à en accepter aucune autre. Et puis, je devais admettre que le regard en coin qu’il me jeta m’avait laissé un peu désorientée avec le cœur battant et l’esprit agité. C’est comme si mon cœur comprenais une subtilité que mon cerveau n’avais pas saisi et je me surpris à sourire avec satisfaction. Sourire que je m’empressai de supprimer pour adopter une expression gentiment amusée beaucoup appropriée. Lorsqu’il mentionna Béatrice, mon visage afficha une moue ennuyée, ses idées de refaire les uniformes de mes gardes m’amusaient peut-être au début, mais plus maintenant. Ce gaspillage indécent était inconcevable de la part d’une probable dirigeante et d’une mage et je comptais bien lui intimer de cesser ce comportement à l’instant. Même si je devais admettre que ses idées étaient jolies, elles n’étaient pas pratiques… Et je ne payais pas mes gardes pour être jolis mais bien pour nous protéger. « Que les Dieux nous préservent du mauvais goût. » murmurai-je, mi figue mi raisin.

Il éclata de rire à nouveau et je ne joignis pas à son hilarité. Je tapai son bras de mon éventail. « Comment osez-vous vous moquer de votre reine ainsi ? Je devrais vous pendre pour votre impudence…. J’exige réparation, à l’instant ! » La colère irradiait de ma voix et je m’étais soudainement levée, le dominant de toute ma hauteur et le fusillant du regard. Si les regards pouvaient tuer, il serait raide mort à cet instant même. Je ne pouvais pas le croire… Puis, sans crier garde, je me laissai tomber au sol dans un gloussement (oui, une reine de 114 ans qui gloussait comme une adolescente de 12 ans) qui se mua en une cascade de rires entrecoupé « Pardonnez-moi » et de « Oh mon dieu ». Il me fallu une bonne minute avant de parvenir à balbutier une explication d’une voix essoufflée. « Je rêvais de ''pendre quelqu’un pour son impudence '' depuis des siècles. Je vous promets, votre tête est sauve : Je serais parfaitement incapable de même atteindre votre nuque. » Je me mordis la lèvre inférieure pour retenir un rire qui menaçait de s’échapper. J’avais si peu d’occasion de me moquer des conventions et de moi-même que dès qu’une se présentait, je la vivais pleinement. Malgré 100 ans de règne, je n’avais jamais eu à ''exiger réparation'' pour quoi que ce soit… sauf peut-être pour un chandelier. Le monde d’une reine était beaucoup moins glamour et peut-être pas aussi formel qu’on pouvait le penser. Je n’avais pas vraiment l’opportunité d’être '' une reine à la nature dithyrambique et au maniérisme caricatural '' ou '' une dame du drame ''. J’étais plutôt flegmatique et j’avais un humour assez pince-sans-rire mais caustique. « Je suis désolée, mon cher Noran, vous venez de faire les frais de l’humour douteux de votre reine. Je ne recommencerais pas. » Gentiment, cette fois, je tapotai sa cuisse de mon éventail, enfin revenue de mon hilarité.

Je levai les yeux vers la lune réalisant que nous étions proches de minuit. Before Midnight, murmurai-je en elfique. Avant minuit, tout est possible, murmurai ma mère. Je baissai le regard pour croiser le sien. « Do you believe it, Noran? Before midnight, everything is possible was the say of our Elders. Do you believe it? » Ma voix sonna étrangement à mes oreilles : elle était beaucoup plus rauque et plus grave en elfique que lorsque je parlais en enkiev. À l’inverse, le fée était beaucoup plus cristallin et doux. Je répétai ma question, dans le langage des fées cette fois, le regard perdu au loin, mes mots sonnant comme le tintement du cristal. Je regardai à nouveau Noran, et je sus que je pouvais lui faire confiance, non seulement avec ma vie mais également avec tous mes secrets.

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MessagePosté le: 10/12/2016 02:55    Sujet du message: La pierre et la soie

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